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Une clarinette chez Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio pour piano, clarinette et violoncelle en si bémol majeur op. 11. Trio pour piano, clarinette et violoncelle en mi bémol majeur op. 38. Ensemble Kheops : Ronald van Spaendonck, clarinette ; Marie Hallynck, violoncelle ; Muhiddin Dürrüoğlu, piano. 1 CD Fuga libera, réf. : FUG535, code barre : 5400439005358. Enregistré les 10-13 juin 2007, Sint-Truiden, Academiezaal. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durée : 64’37

 

L’ aborde ces deux trios pour clarinette, violoncelle et piano de avec une élégance et un naturel de tous les instants. Ils délivrent ces partitions que d’aucuns pourraient imaginer moins conséquentes que les grands drames de la maturité avec un talent respectueux des volontés du maître de Bonn.

La clarinette de Ronald van Spaendonck mène le jeu avec son timbre chaleureux et son autorité naturelle. Cependant avec son violoncelle (un Goffriller de 1717) dispute âprement sa délicieuse participation. Reste le beau piano de Muhiddin Dürrüoğlu décidé à ne pas être oublié. On a le sentiment que Beethoven accordait une mission similaire aux trois protagonistes. L’écoute confirmera amplement ce sentiment. Pour le Trio en si bémol majeur, op. 11, daté de 1797-98, en vérité son quatrième trio, Beethoven a spécifiquement désigné la clarinette, instrument alors en pleine métamorphose. Le thème du troisième mouvement (Thema : Pria ch’io l’impregno-Allegretto), une aria avec variations s’achevant par une danse populaire, provient de l’opéra L’amor marinaro de Joseph Weigl, source d’un grand succès public à Vienne. Cette musique de facture classique, vive et bien découpée dans l’Allegro con brio initial, s’oppose au délicat mouvement lent, Adagio, avec sa belle mélodie confiée au violoncelle. Par ailleurs, le Trio en mi bémol majeur, op. 38, provient d’une musique extrêmement célèbre et populaire du même Beethoven, à savoir le Septuor op. 20 (1800), œuvre pour bois, novatrice, dont elle est une transcription achevée pendant l’été 1802 et dédiée à Jean Adam Schmidt, son médecin personnel. Celui-là même qui l’envoya se reposer à Heiligenstadt où le compositeur, devenu sourd, rédigea son douloureux testament. Là encore, les six mouvements de ce divertimento s’inscrivent dans la tradition viennoise, brillante, richement mélodique, rythmiquement entraînante, débordante d’esprit.

Mais déjà il la dépasse, la submerge et avance à grands pas vers le romantisme qui, enfin osera afficher ses sentiments. De la bien belle matière à laquelle l’ (fondé en 2006) donne vie pour notre plus grande satisfaction.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio pour piano, clarinette et violoncelle en si bémol majeur op. 11. Trio pour piano, clarinette et violoncelle en mi bémol majeur op. 38. Ensemble Kheops : Ronald van Spaendonck, clarinette ; Marie Hallynck, violoncelle ; Muhiddin Dürrüoğlu, piano. 1 CD Fuga libera, réf. : FUG535, code barre : 5400439005358. Enregistré les 10-13 juin 2007, Sint-Truiden, Academiezaal. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durée : 64’37

 
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