Billy Bud par Daniel Harding

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Benjamin Britten (1913-1976) : Billy Bud. Ian Bostridge, Edward Fairfax Vere ; Nathan Gunn, Billy Bud ; Gidon Saks, John Claggart ; Neal Davies, Mr Redburn, first lieutenant ; Jonathan Lemalu, Mr. Flint, Sailing Master ; Matthew Rose, Mr Ratcliffe ; Daniel Teadt, Donald ; Matthew Best, Dansker ; Andrew Kennedy, The Novice. London Symphony Chorus, (chef de chœur : Joseph Cullen) ; London Symphony Orchestra, direction : Daniel Harding. 1 coffret de 3 CD Virgin Classics. Référence et code barre : 50999 5 19039 23. Enregistré en concert au Barbican Center de Londres en décembre 2007. Notice de présentation en : anglais, français et allemand. Texte chanté en anglais, traduction en français. Durée 165’47

 

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trouva le sujet de Billy Bud dans l’ultime nouvelle d’Hermann Melville alors qu’il était en contact avec Eric Crozier et l’écrivain Edward Morgan Foster. Le travail du compositeur et de ses deux librettistes commença rapidement alors qu’il venait de recevoir une commande officielle de British Arts Council dans le cadre du Festival Of Britain de 1951 qui devait marquer la renaissance des îles britanniques après la seconde guerre mondiale. Britten soumit ses collaborateurs à rude épreuve usant cinq versions consécutives du livret.

La partition, en quatre actes, fut créée, en décembre 1951, à Covent Garden sous la direction du compositeur. Bien reçue par la critique, l’œuvre peina pourtant à s’imposer au répertoire, essentiellement à cause de l’absence de voix féminines. Dès lors, Britten modifia son ouvrage et une seconde version en deux actes fut donnée au Royal Opera House de Londres en 1964. C’est cette dernière version qui est le plus fréquemment produite et enregistrée. Certains chefs d’orchestre préfèrent parfois revenir à la version originale à l’image de Kent Nagano pour son enregistrement de 1997 (Erato).

Assez rarement programmé du fait des contraintes de la distribution et des exigences scénographiques, Billy Bud s’impose comme un chef-d’œuvre total avec des idées fulgurantes au niveau de la dramaturgie et une inventivité instrumentale confondante de génie. Ce nouveau coffret permet à EMI/Virgin de combler une carence de son imposant catalogue de musique anglaise. Enregistré en concert à Londres, ce coffret est une incontestable réussite.

A la tête d’un affûté et précis, cisèle un accompagnement à la fois houleux et chambriste. L’ex jeune prodige, souvent malmené par la presse et les commentateurs, livre une leçon de direction et de dramaturgie musicale tenant de bout en bout cette fresque marine emmenant ses troupes (exclusivement anglophones et c’est heureux !) vers un tsunami musical.

Le rôle de Billy attire les barytons d’envergure. Venant après Thomas Allen, Simon Keenlyside, Thomas Hampson et Bo Skovus, fait belle impression par son timbre et son vécu du rôle. Le reste de la distribution n’appelle que des éloges avec un parfait de style et de musicalité (cela faisait longtemps) et un puissant. Le chœur du LSO est absolument parfait en termes d’homogénéité et de projection.

Ce box est un événement majeur pour la discographie de Britten : la direction d’Harding l’impose comme la référence moderne majeure pour sa qualité musicale et technique. Pour l’émotion et l’histoire, on écoutera tout de même l’enregistrement du compositeur (Decca).

 

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