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Edward aux mains d’argent de Matthew Bourne, ballet enchanté

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Paris, Théâtre du Châtelet. 12-X-08. Edward aux mains d’argent. Conception, mise en scène et chorégraphie : Matthew Bourne. Nouvelle musique et arrangements : Terry Davies. Thèmes musicaux de la bande originale du film : Danny Elfman. Basé sur le film original de Tim Burton. Scénario original et coadaptation : Caroline Thompson. Décors et costumes : Lez Brotherston. Lumières : Howard Harrison. Son : Paul Groothuis. Avec Matthew Malthouse, Edward ; Kerry Biggin, Kim Boggs ; les danseurs et musiciens de New Adventures. Direction d’orchestre : Benjamin Pope.


a trouvé en Edward sa créature, fidèle au scénario et aux décors du film culte de Tim Burton Edward aux mains d’argent, sorti en 1991. Un jeune garçon dont les mains sont remplacées par des ciseaux est abandonné par son créateur avant d’être achevé. Adopté par la famille Boggs, les talents cachés d’Edward et son étrangeté sèment vite la panique dans le voisinage.

Entièrement chorégraphié, ce spectacle restitue parfaitement l’univers fantastique du film qui se heurte à l’Amérique proprette des années 60, ici caricaturée en Technicolor. Rien ne manque à ce portrait de la banlieue pavillonnaire, ni la famille puritaine au furieux look gothique, ni la mégère en bigoudis, ni la pom-pom girl ultra saine. La chorégraphie volontiers expressionniste de lorgne du côté de la bande dessinée ou des films muets, entre Jacques Tati et Buster Keaton. Une vision premier degré, à la fois critique et enchantée, de l’american way of life à travers le regard d’un innocent définitivement différent. Très démonstrative et ultra tonique, la danse illustre pas à pas les différentes scènes de l’histoire. Au registre de l’émotion, quelques belles idées, comme le ballet des topiaires ou les sculptures de glace qui servent d’écrin au duo formé par Edward et Kim. Les scènes de fête, comme le barbecue chez les Boggs ou le swing de Noël sont particulièrement réussies, avec une mention spéciales aux mères de famille, toutes merveilleusement campées.

Dans son ensemble, la troupe des danseurs de New Adventures fait preuve d’une fantastique énergie, qui rappelle les grands ballets de Broadway à l’âge d’or de Fred Astaire ou de Gene Kelly. Ils sont aidés par les costumes variés et superbes que chaque personnage endosse dans les scènes de groupe. Virevoltant, le ballet ne laisse pas de répit au spectateur, enchaînant les scènes plus intimes et les ballets vitaminés. Au milieu de ce tumulte, le pauvre Edward accumule les gaffes, souffrant chaque jour davantage de sa différence. L’histoire se termine tragiquement, quand Edward disparaît pour toujours au milieu des dénonciations calomnieuses de ce Clochermerle multicolore. Idéal pour Halloween, ce conte enchanté qui se termine mal n’est pas parfois sans rappeler l’argument d’un autre ballet célèbre, lui-même inspiré des Contes d’Hoffman : Coppélia.

Crédit photographique : Matthew Malthouse (Edward) © Bill Cooper

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Paris, Théâtre du Châtelet. 12-X-08. Edward aux mains d’argent. Conception, mise en scène et chorégraphie : Matthew Bourne. Nouvelle musique et arrangements : Terry Davies. Thèmes musicaux de la bande originale du film : Danny Elfman. Basé sur le film original de Tim Burton. Scénario original et coadaptation : Caroline Thompson. Décors et costumes : Lez Brotherston. Lumières : Howard Harrison. Son : Paul Groothuis. Avec Matthew Malthouse, Edward ; Kerry Biggin, Kim Boggs ; les danseurs et musiciens de New Adventures. Direction d’orchestre : Benjamin Pope.

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