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La passion Bruckner de Philippe Herreweghe

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Anton Bruckner (1824-1896)  : Messe n°3 en fa mineur. Ingela Bohlin, soprano ; Ingeborg Danz, alto ; Hans Jörg Mammel, ténor ; Alfred Reiter, baryton. RIAS-Kammerchor, Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe. HMC : 901976. Code barre : 7 94881 89092. Enregistré en mars 2007 à la Philharmonie de Berlin. Notice de présentation en : anglais, français et allemand. Texte chanté en latin, traduction en : français, anglais et allemand. Durée : 55’66.

 

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Avec ferveur, poursuit son beau parcours brucknérien pour Harmonia Mundi. Alors que ses enregistrements des symphonies, bien que d’un très haut niveau, devaient s’incliner devant ceux des grands maîtres du passé (Jochum, Karajan, Böhm…), sa compréhension de la musique religieuse du maître de Saint Florian est absolument magistrale.

Dans l’œuvre brucknérienne, la messe n°3 est relativement «précoce» car sa composition se situe à l’orée des années 1867-68, c’est-à-dire, peu de temps après l’achèvement de la symphonie n°1 ; le compositeur est alors professeur de direction au conservatoire de Vienne. Au niveau compositionnel, cette partition est un exemple hors pair de maîtrise de l’écriture. Influencée par la polyphonie d’un Palestrina, elle cite le Chant grégorien mais elle digère également les influences de la musique religieuse académique de son époque tout en s’ouvrant aux harmoniques wagnériennes.

La période de maturation de l’œuvre fut également traversée par des crises personnelles. Perturbé par de nombreuses angoisses et déceptions (dont celle d’un nouvel échec d’une demande en mariage), Bruckner est alors interné au sanatorium de Bad Kreuzen pour soigner ses manies plus ou moins incontrôlables.

Dès lors, l’élévation mystique de la partition répond ici à une quête intérieure. La force de cette interprétation réside justement dans cette capacité à passer du massif aux élans choraux puissants à une certaine forme de piété très intériorisée. Expert en polyphonies et musique vocale religieuse, est le guide idéal à travers les nombreux chemins ombragés de la partition.

Côté vocal, le chef bénéficie du meilleur chœur actuel : le RIAS Kammerchor de Berlin dont l’homogénéité, la variété des couleurs et la rondeur des timbres atteignent ici des sommets d’intensité. Belle prestation des solistes qui savent à la fois s’immiscer dans les tuttis et faire preuve d’individualité. Ce beau disque s’affirme comme le seul capable de rivaliser avec l’anthologie historique d’Eugen Jochum (intégrale des messes de Bruckner chez DGG).

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Anton Bruckner (1824-1896)  : Messe n°3 en fa mineur. Ingela Bohlin, soprano ; Ingeborg Danz, alto ; Hans Jörg Mammel, ténor ; Alfred Reiter, baryton. RIAS-Kammerchor, Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe. HMC : 901976. Code barre : 7 94881 89092. Enregistré en mars 2007 à la Philharmonie de Berlin. Notice de présentation en : anglais, français et allemand. Texte chanté en latin, traduction en : français, anglais et allemand. Durée : 55’66.

 
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