Concerts, La Scène, Musique symphonique

Le voyage wagnérien sur la Meuse

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Liège, Salle philharmonique. 24-X-2008. Richard Wagner (1813-1883), Le Vaisseau fantôme, ouverture ; Wesendonck-Lieder ; Parsifal, « prélude »  ; Le Crépuscule des dieux : « Lever du jour » et « Voyage de Siegfried sur le Rhin »  ; Tannhäuser, « ouverture ». Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

Orchestre Philharmonique de Liège

Bien que le répertoire lyrique ne soit pas le domaine de prédilection de , celui-ci nourrissait de longue date le désir de proposer un programme entièrement dédié à Wagner. L’ouverture du Vaisseau fantôme par laquelle débute ce concert, s’est hélas vue malmenée par des bruits parasites extérieurs à la salle qui, heureusement pour tous, s’évanouirent rapidement. et ses musiciens, qui ont su rester imperturbables, nous proposent une ouverture propre sur elle mais sans grande envergure. Au-delà des notes, le chef d’orchestre s’affranchit difficilement des tempi de la partition et il se dégage de sa lecture une certaine raideur. Si les cornistes se montrent moins hardis qu’on aurait pu l’espérer, le pupitre de cordes se montre très impliqué et restitue avec brio la fureur d’une mer agitée.

On ne trouve pas dans cette programmation le prélude de Tristan und Isolde, pourtant régulièrement proposée lors de concerts symphoniques. Cet opéra se rappelle malgré tout à nos oreilles à travers les Wesendonck Lieder ayant servi d’esquisses préalables. Si Wagner n’a orchestré que le dernier (Traüme), le cycle de lieder traduit de manière évidente le talent de Wagner à sculpter d’infinies mélodies gorgées du pathos romantique. Dans cet ouvrage, Pascal Rophé se montre d’avantage inspiré et l’on retiendra surtout Im Treibhaus, pour son atmosphère raffinée et la sonorité brillante des cordes de l’orchestre. Le timbre de la voix de , velouté et chaleureux convient bien à l’œuvre, même si notre oreille se heurte de façon régulière à sa diction à l’articulation exagérée.

La suite du concert confirme le manque d’engagement du chef d’orchestre dans l’interprétation de ce répertoire. La bonne prestation des cuivres, précis et brillants ne parvient pas à faire oublier les difficultés de justesse du pupitre des bois peinant à restituer toute la spiritualité du prélude de Parsifal. Quant à Siegfried, le lever du jour auquel il a pu assister s’est révélé bien pesant et son voyage sur le Rhin n’a visiblement pas convaincu l’orchestre qui est apparu relativement brouillon. A la suite de ces deux pièces manquant de saveur, on aurait pu redouter l’ouverture de Tannhäuser concluant le programme. Pascal Rophé déjoua pourtant la plupart des nombreux pièges qui jonchent cette partition. On perçoit enfin une structure, un scénario dans le propos musical du chef d’orchestre qui ne sera cependant pas sublimé par l’orchestre, décidément peu inspiré par Wagner.

L’idée était certes séduisante, mais ce programme Wagner ne saurait rester en mémoire pour quiconque ayant pu apprécier Pascal Rophé et l’OPL aborder la musique française ou encore les pages symphoniques du XXe siècle.

Crédit photographique : © Philippe Grunchec

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Liège, Salle philharmonique. 24-X-2008. Richard Wagner (1813-1883), Le Vaisseau fantôme, ouverture ; Wesendonck-Lieder ; Parsifal, « prélude »  ; Le Crépuscule des dieux : « Lever du jour » et « Voyage de Siegfried sur le Rhin »  ; Tannhäuser, « ouverture ». Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

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