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Paris, salle Pleyel. 15-XI-2008. Bedrich Smetana (1824-1884) : La Moldau ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54 ; Anton Dvorak (1841-1904) : La colombe sauvage ; Maurice Ravel (1875-1937) : La valse. François Chaplin, piano. Orchestre Pasdeloup, direction : Wolfgang Dœrner

«Tourbillon de folie» annonçait le programme du concert. Malgré un choix de pièces courtes et connues, si bien écrites qu’elles paraissaient adaptées à un public d’après-midi, le concert ne fût pas des plus convaincants.

La fameuse Moldau ouvre le concert. Après un départ bancal dans l’introduction bucolique des flûtes, les cordes exposent le célèbre thème principal. Par son interprétation réservée, la pièce manque de cet élan, celui de la vague éternelle et romantique de la rivière Moldau, fierté nationale Tchèque. Joués sans véritable passion, les thèmes clairement patriotiques, ne sont pas assez mis en valeur, ce qui ternie une musique où la dévotion nationaliste du compositeur est centrale. Malgré une interprétation sans reliefs, certaines couleurs orchestrales sont remarquables et l’explosion orchestrale finale, monumentale, bien qu’un peu trop brutale.

Tout le concerto est mené habilement et sans extravagance par . Dès les premières notes, le soliste annonce un jeu léger. Quelques regrettables «ratés» dans l’harmonie ainsi qu’une masse orchestrale pas toujours homogène ne déroutent pas le pianiste à la simplicité très agréable. Les premiers et derniers mouvements ainsi que la cadence révèlent sa virtuosité et sa finesse musicale. Un bémol, cependant, pour le manque de profondeur du second mouvement. Presque mozartienne, l’interprétation carrée du pianiste renforcée par l’effectif orchestrale chambriste, est intéressante bien que manquant d’intensité pour une œuvre fondamentalement romantique.

Dans La colombe sauvage l’orchestre semble plus à l’aise. Thèmes douloureux, festifs ou dramatiques, les contrastes de caractère, toujours saisissants, dépeignent bien les différents états psychologiques d’une jeune femme sombrant dans la folie après avoir, par amour pour un autre, tué son mari. Le travail sur les couleurs orchestrales est remarquable et met en exergue à la fois effets sonores et mélodies propres au folklore Tchèque.

Enfin, la Valse est étonnante. L’orchestre, parfois brutal mais très impliqué, entre dans le «tourbillon fantastique et fatal» voulu par Ravel. Ancrés dans un rythme de valse obsédant, les musiciens tirent parti de cette musique si bien orchestrée, alliant les sonorités raffinée de la musique de chambre à l’ampleur du symphonique. Les thèmes délicats ou vigoureux sont toujours soutenus par de beaux phrasés et des couleurs variées.

On peut donc regretter que l’orchestre ait attendu la seconde partie du concert pour se révéler, mais le public, au final, semblait satisfait.

Crédit photographique : ©

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Paris, salle Pleyel. 15-XI-2008. Bedrich Smetana (1824-1884) : La Moldau ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54 ; Anton Dvorak (1841-1904) : La colombe sauvage ; Maurice Ravel (1875-1937) : La valse. François Chaplin, piano. Orchestre Pasdeloup, direction : Wolfgang Dœrner

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