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Xavier Phillips et Erik Schumann, un Brahms sobre et intense

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 20-XI-08. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon, violoncelle et orchestre, op. 102 ; Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 73. Erik Schumann, violon, Xavier Phillips, violoncelle. Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

Après s’être illustré il y a deux semaines dans un programme consacré à Tchaïkovski, est réapparu jeudi soir avec l’, cette fois accompagné du jeune et brillant violoniste . Dès les premières pages du Concerto de Brahms, les deux solistes ont été mis en valeur par une cadence avec solos et duos concertants. Le ton fut donné d’emblée : une complicité purement musicale, sans gestes démonstratifs ou exubérants. Le premier mouvement s’est déroulé dans la tradition du concerto grosso baroque, mêlant tutti orchestraux, dialogues et passages solistes. Dans la longue ballade de l’Andante, les deux solistes ont fait vibrer avec chaleur un riche contrepoint. Ils ont su évoquer ce climat de poésie romantique et de légende typiquement brahmsien. La densité de l’expression a alterné avec quelques envolées plus lyriques. Le contraste avec le dernier mouvement, vif, gai et sautillant, n’en était que plus saisissant. Cette danse paysanne, presque robuste et carrée par endroits, était toutefois teintée d’une vague nostalgie. Ensemble, , et ont réalisé une véritable osmose musicale.

Les deux solistes ont choisi d’interpréter en bis la Passacaille de Johann Halvorsen sur un thème de Haendel, pièce exigeante et virtuose. Au fil des variations, le ton tantôt émouvant et expressif, tantôt dépouillé, retenu ou intense a montré la finesse d’adaptation des deux artistes. Erik Schumann a été remarquable dans la précision de ses coups d’archets et dans l’apparente simplicité avec laquelle il a réalisé les traits les plus difficiles. Ce concert a révélé non seulement deux virtuoses, mais aussi deux grands musiciens.

Après cette version à la fois sobre et intense du Concerto, nous a proposé une deuxième partie contrastante, avec une version joyeuse et légère de la Symphonie n° 2. L’introduction, confiée essentiellement aux bois (flûtes, clarinettes et bassons) et aux cors, a laissé place au célèbre thème en la majeur, au balancement viennois et à la fraîcheur d’inspiration si reconnaissables. Dans le troisième mouvement, Eschenbach a choisi d’insister sur le côté champêtre, gai, léger et presque musette de cet Allegretto grazioso. La symphonie s’est achevée sur une fin cuivrée et pétulante. Le chef a su faire ressortir avec précision les nombreux contrechants de la polyphonie. Il a concilié légèreté et élégance avec ampleur du geste sonore dans les passages plus épiques. Cette réussite a été applaudie par une salle comble.

Crédit photographique : Erik Schumann © DR

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