Plus de détails

Luxembourg. Grand Auditorium de la Philharmonie. 9-XII-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N° 59 en la majeur ; symphonie N° 92 en sol majeur ; extraits de L’isola disabitata ; Il mondo dell aluna ; Lo speziale. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : extraits de Zaïde ; Die Schuldigkeit des Ersten und Fürnehmsten Gebots ; airs de concert « Alma grande e nobil core » et « Vorrei spiegarvi, oh Dio ». Avec Patricia Petibon. Concentus Wien, direction : Nikolaus Harnoncourt.

Pouvait-on imaginer des tempéraments aussi différents et incompatibles que le sérieux et vénérable d’un côté, l’espiègle et mutine, volontiers «fofolle», de l’autre ? Et pourtant, l’expérience a déjà montré que ces deux talentueux artistes pouvaient travailler ensemble, comme l’atteste par exemple le superbe enregistrement de l’Armida de Haydn, avec notamment Cecilia Bartoli.

C’est une fois de plus Haydn, quelques semaines avant le coup d’envoi de la célébration du premier quart de millénaire de la disparition du compositeur, qui a permis, lors de ce mémorable concert, de réunir nos deux interprètes d’exception. Harnoncourt, à la tête du Concentus Musicus de Vienne, ensemble désormais légendaire et qu’on ne présente plus, signe une lecture magistrale de deux des symphonies du grand maître. En véritable pédagogue – et le public luxembourgeois aura apprécié sa brève allocation explicative en début de concert… –, Harnoncourt fait ressortir l’architecture savante de ces pièces orchestrales au caractère éminemment théâtral, autant pour la symphonie dite «le feu» que pour la symphonie «Oxford». Les musiciens de l’orchestre – davantage, en fait, une réunion de solistes… – excellent autant dans le lyrisme des mouvements lents que dans le caractère saccadé des morceaux plus énergiques.

Dans les trois extraits d’opéra de Haydn, donne libre cours à son imagination musicale et à sa créativité expressive, mais sans jamais tomber dans la caricature ; cela, on le sait, n’a pas toujours été le cas… On ne peut en effet que «craquer» devant les trésors d’humour et de fantaisie qu’elle déploie dans l’air de Lo speziale, mais aussi dans l’extrait de Die Schuldigkeit des ersten Gebots du jeune Mozart. Si on connaissait sa virtuosité habituelle, et notamment sa facilité dans les vocalises et dans les notes suraiguës – un merveilleux et poétique «Vorrei spiegarvi»… –, c’est peut-être davantage dans sa maîtrise du chant legato qu’elle a séduit le public. On aura eu la bonne surprise de découvrir avec un instrument plus rond et plus chaud, aux magnifiques sonorités dans le grave et dans le bas médium, et qui a permis de laisser entrevoir la belle comtesse que cette actuelle Suzanne est en passe de devenir. Enfin, c’est surtout dans son pouvoir expressif – qui en fait aujourd’hui l’égal d’une Cecilia Bartoli ou d’une Simone Kermes – que Patricia Petibon reste une interprète majeure de la scène lyrique actuelle, comme l’a montré par exemple sa lecture de l’air de Zaïde «Tiger! Wetze nur die Klauen», à donner froid dans le dos …

Tant de charme, tant de beautés musicales et tant d’imagination vocale semblent avoir trouvé en le partenaire idéal. Une association qui, on l’espère, aura de nombreux prolongements dans les années à venir.

Crédit photographique : © Philharmonie de Luxembourg

Plus de détails

Luxembourg. Grand Auditorium de la Philharmonie. 9-XII-2008. Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N° 59 en la majeur ; symphonie N° 92 en sol majeur ; extraits de L’isola disabitata ; Il mondo dell aluna ; Lo speziale. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : extraits de Zaïde ; Die Schuldigkeit des Ersten und Fürnehmsten Gebots ; airs de concert « Alma grande e nobil core » et « Vorrei spiegarvi, oh Dio ». Avec Patricia Petibon. Concentus Wien, direction : Nikolaus Harnoncourt.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.