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Arabella Steinbacher, du violon sans crin-crin

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Paris, théâtre des Champs-Elysées. 14-XII-2008. Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate pour violon et piano ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour violon et piano n°2 en ré majeur op. 94b ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour violon et piano n°3 en sol majeur op. 78 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane. Arabella Steinbacher, violon ; Robert Kulek, piano.

Ce qui frappe en premier chez c’est la projection du son. Point de puissance ni de décibels, le jeu paraît (paraît seulement !) fragile, la sonorité qu’elle sort de son violon est toujours fine, on se prend à penser que passé le troisième rang cela devient inaudible. Que nenni. est de ces musiciens qui ne jouent pas au virtuose pyrotechnique. Point de démonstration extérieure, une technique sûre toujours au profit de la musique, et de rien d’autre. La pessimiste Sonate pour violon et piano de Francis Poulenc prend ainsi une autre valeur. Œuvre délaissée au profit des sonates pour flûte/hautbois/clarinette qui lui sont immédiatement postérieures, considérée comme «faible», elle devient ici une pièce poignante, à fleur de peau, grâce au jeu (faussement) fragile de la violoniste et de l’accompagnement, non, du partenariat au piano de .

Car il faut bien parler ici de partenariat. L’osmose est complète, la dimension de «duo» prend ici pleinement son sens. La célèbre Sonate n°2 de Prokofiev – que nous préfèrerons toujours dans sa version originale pour flûte – en sort magnifiée, avec un Scherzo ludique à souhait. Cette sonorité frêle, toujours très chantante, toujours bien projetée, convient aussi à merveille à la Sonate n°3 de Brahms. Mais peut-être le programme fut-il un peu trop copieux… Après ces trois œuvres éprouvantes, Tzigane de Ravel sonne «à coté», les harmoniques craquent, le son se fait moins généreux, plus étriqué. Une faiblesse qu’on pardonnera bien volontiers à un nom qu’on ne cessera de suivre.

Crédit photographique : © Michal Leis

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Paris, théâtre des Champs-Elysées. 14-XII-2008. Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate pour violon et piano ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour violon et piano n°2 en ré majeur op. 94b ; Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour violon et piano n°3 en sol majeur op. 78 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane. Arabella Steinbacher, violon ; Robert Kulek, piano.

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