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Rosamund Illing, grande tragédienne

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) Hélène ; Nuit persane. Rosamund Illing, Hélène ; Steve Davislim, Pâris/ténor ; Leanne Kenneally, Vénus ; Zan McKendree-Wright, Pallas/contralto ; Amanda Mouellic, narrateur. Belle Époque Chorus, Orchestre Victoria, direction : Guillaume Tourniaire. 2 SACD Melba Recordings MR301114-2 2008. Enregistré en février 2008. Livret en français avec traduction anglaise, notes explicatives en anglais suivi d’un texte en français d’Yves Gérard. Durée 61’18, 31’40

 

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L’hommage rendu à la grande cantatrice , dont l’étiquette porte le nom, se double ici d’une belle découverte dans le domaine de l’opéra français. En première mondiale paraît cette autre belle Hélène, tout droit venue d’Australie, beaucoup moins railleuse que sa sœur offenbachienne, et fort bien défendu par Leanne Kenneally, Zan McKendree-Wright, , mais surtout par , grande tragédienne, superbe du début à la fin – à qui l’on doit Amoureuse, autre SACD sous la même étiquette, consacré exclusivement à Massenet. Comme le dit Pierre Louÿs dans sa correspondance, «Je reste convaincu qu’il n’y a pas d’autre sujet que la beauté et que la beauté est faite de la perfection grecque et de la grâce orientale.» Il est cependant dommage que cette perfection se traduise par un manque un peu de souffle et d’émotion, malgré toute la beauté de la musique. L’Orient a mieux inspiré Saint-Saëns que la mythologie. Est-ce dû à sa connaissance du milieu – le compositeur séjournait en Algérie chaque année en hiver et l’Égypte demeurait pour lui une destination privilégiée – ou encore le fantasme partagé avec d’autres musiciens de sa génération ? On pense à Djamileh de Georges Bizet en écoutant Nuit persane. Sujet plus dramatique toutefois, mais avec les mêmes arabesques qui conviennent décidément mieux au compositeur de Samson et Dalila.

Nuit persane est une cantate pour contralto solo, ténor, chœurs et orchestre, sur des poèmes d’Armand Renaud. Le ténor et le contralto Zan McKeendree-Wright, forment le nouveau tandem, auquel s’adjoint la narratrice Amanda Mouellic. Cette cantate est issue des Mélodies persanes, cycle de six mélodies, écrit pendant la tourmente de 1870 et achevé en 1872. Ce n’est que vingt ans plus tard, en 1891, que Saint-Saëns reprendra cette œuvre pour en faire une cantate. La seule faiblesse réside sans doute dans les vers du poète et ami Armand Renaud. Mais le traitement opéré par Saint-Saëns métamorphose ces textes et leur donne même du relief ! La partition est chatoyante et pleine d’innovations. Nuit persane touche la fibre sensible de tout mélomane. Amanda Mouellic, la voix du rêve, fait le lien entre les différentes parties vocales, soutenue par l’orchestre, avec une grande habileté. Cette vision tragique de l’amour et de la vie, est admirablement bien interprétée par deux chanteurs qui s’investissent totalement. Le jeune chef insuffle à l’orchestre les couleurs d’Orient sans tomber dans le kitsch.

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) Hélène ; Nuit persane. Rosamund Illing, Hélène ; Steve Davislim, Pâris/ténor ; Leanne Kenneally, Vénus ; Zan McKendree-Wright, Pallas/contralto ; Amanda Mouellic, narrateur. Belle Époque Chorus, Orchestre Victoria, direction : Guillaume Tourniaire. 2 SACD Melba Recordings MR301114-2 2008. Enregistré en février 2008. Livret en français avec traduction anglaise, notes explicatives en anglais suivi d’un texte en français d’Yves Gérard. Durée 61’18, 31’40

 
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