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Faschons-nous avec Johann Friedrich et Carl Friedriech Christian

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Johann Friedrich Fasch (1688–¬1758) : Concerto en ré majeur pour trompette, 2 hautbois, basson, cordes et continuo ; Concerto en ut mineur pour basson, 2 hautbois, cordes et continuo ; Concerto en sol mineur pour hautbois, cordes et continuo ; Ouverture en ré majeur pour trompette, 2 hautbois, basson, cordes et continuo. Carl Friedrich Christian Fasch (1736–1800) : Concerto en mi majeur pour trompette, violon, hautbois d’amour, cordes et continuo. Orchestre Zefiro avec Gabriele Cassone, trompette, Alberto Grazzi, basson, Paolo Grazzi, hautbois, Massimo Spadamo, violon, Alfredo Bernardini hautbois d’amour et direction. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi 88697367922, code-barre 886973679227. Enregistré en avril 2005 en l’église de San Salvatore à Rodengo Saiano. Notice quadrilingue en anglais, allemand, français et italien. Durée : 64’25.

 

est un compositeur allemand appartenant grosso modo à la même sphère musicale que Jean-Sébastien Bach et Georg Philipp Telemann, deux musiciens, illustres pour le moins, qu’il connaissait parfaitement et qui appréciaient eux-mêmes sa musique. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, ces trois Allemands participaient à la « réunion des goûts », fusion des styles italiens et français, et ont écrit des œuvres devant tout aussi bien à l’esprit gallican qu’ultramontain. Sous leur plume, dans le domaine de la musique orchestrale, le concerto (inventé en Italie) partage donc la vedette avec la suite (d’origine française).

Fasch a tout aussi bien écrit dans un genre que dans l’autre et l’album qui nous est proposé ici en apporte la parfaite démonstration puisqu’il nous donne à entendre trois concerti et une suite. Ces quatre œuvres ont pour point commun le fait de mettre en valeur des instruments à vent (trompette, hautbois, basson), ce qui est bien le but avoué de l’ensemble italien Zefiro. Ayant dans l’oreille des œuvres similaires de Vivaldi, Bach ou Telemann, la comparaison pouvait s’avérer périlleuse. Il n’en est rien : notre Allemand est largement du niveau de ses confrères et ses partitions s’écoutent avec beaucoup de plaisir tant elles sont bien écrites et remarquablement interprétées avec des musiciens qui jouent très justes (c’est bien des vents dont il s’agit), ce qu’il ne faut pas manquer de souligner.

Après le père, le fils. Le programme nous offre ensuite une œuvre de , compositeur beaucoup moins connu mais tout aussi intéressant et qui a mené une belle carrière puisqu’il a notamment été claveciniste du roi de Prusse Frédéric II (le monarque flûtiste) en même temps qu’un autre « fils à papa », Carl Philipp Emanuel Bach. Beaucoup moins connu car bien peu de ses œuvres ont survécu, sans doute par destruction volontaire de leur auteur. Le style est bien différent de celui de Johann Friedrich : nous ne sommes plus dans le baroque tardif mais en plein dans les élégantes volutes sonores propres au style galant. De plus, le concerto ici proposé est destiné à un trio d’instruments solistes dont l’association est unique à notre connaissance : trompette, violon et hautbois d’amour, alliage de sonorités aussi surprenant que ravissant à écouter.

Le programme de cet album paraissait à priori banal et sans surprise et c’est finalement tout le contraire : merci donc à l’ensemble Zefiro et de nous donner à entendre de l’aussi belle musique aussi bien jouée. On en redemande.

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