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L’Infedeltà delusa, l’opéra bouffe selon Haydn

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Sceaux. Grand Théâtre Les Gémeaux. 14-I-2009. Joseph Haydn (1732- 1809) : L’Infedeltà delusa, burletta per musica en deux actes sur un livret de Marco Coltellini. Mise en scène : Richard Brunel. Décors : Anouk Dell’Aiera. Costumes : Marianne Delayre. Lumières : David Debrinay. Avec : Claire Debono, Vespina ; Ina Kringelborn, Sandrina ; Yves Saelens, Filippo ; Julian Prégardien, Nencio ; Thomas Tatzi, Nanni. Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer.

Bicentenaire de la mort de , la nouvelle année devrait être propice à la mise en valeur d’une partie de sa création encore méconnue : ses opéras. Ainsi, le théâtre de Sceaux remonte L’Infedeltà delusa (l‘Infidélité déjouée) donnée au Festival d’Aix-en-Provence en juillet dernier.

Plantée dans un cadre champêtre, cette burletta per musica créée en 1773, met en scène un paysan (Filippo) imposant à sa fille (Sandrina) un mariage d’argent (Nanni) et les subterfuges imaginés par les victimes (Vespina et Nencio) pour y échapper. L’intrigue amoureuse est complexe, mêlant les chants d’amour et de désespoir, le déguisement et le burlesque. Les personnages sont étoffés et cernés avec précision tandis que l’élan dramatique ne perd jamais en intensité. On prend la pleine mesure de la richesse du terrain où Mozart devait s’épanouir. Il en faut peu d’ailleurs pour discerner la filiation : l’imagination et l’énergie débordante de Vespina appellent l’astucieuse Suzanna, tout comme l’assurance béate de Nanni, le paysan aisé, le rapproche du Comte.

La distribution, bien qu’inégale, rend hommage à l’écriture par son énergie et son dévouement. Jeune, menée par un Filippo () très convaincant, elle bénéficie d’une Vespina remarquable (), électrisante dans ses travestissements vocaux et qui donne à la pièce toute sa saveur. Malgré la froideur des décors métalliques et une mise en scène plutôt artificielle (trop de lames, couteaux, serpes et d’Œdipe inutile) l’ensemble fonctionne bien. La scénographie verticale (grange à étage avec une échelle) renforce le dynamisme et la farce se trouve redoublée par l’excentricité des déguisements et accessoires (coiffe à cornes).

L’orchestre le Cercle de l’Harmonie déborde de vitalité et décoche des accords d’une sécheresse magistrale. Malgré tout, la direction de maîtrise les aspects du drame et instaure ce climat d’entrain modéré qui stimule les chanteurs sans les prendre dans ses filets. Une expérience qui a du bon.

Crédit photographique : Thomas Tatzi (Nanni) et Ina Kringelborn (Sandrina) © DR

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Sceaux. Grand Théâtre Les Gémeaux. 14-I-2009. Joseph Haydn (1732- 1809) : L’Infedeltà delusa, burletta per musica en deux actes sur un livret de Marco Coltellini. Mise en scène : Richard Brunel. Décors : Anouk Dell’Aiera. Costumes : Marianne Delayre. Lumières : David Debrinay. Avec : Claire Debono, Vespina ; Ina Kringelborn, Sandrina ; Yves Saelens, Filippo ; Julian Prégardien, Nencio ; Thomas Tatzi, Nanni. Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer.

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