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David Garrett, de Bach à AC/DC, il enchante …

La Scène, Spectacles divers

Mannheim. Rosengarten Mozartsaal. 21-I-2009. Œuvres de Klaus Badelt et Hans Zimmer ; Bryan May ; Georges Bizet ; Johann Sebastian Bach ; Johannes Brahms ; Pablo de Sarasate ; David Garrett et Franck van der Heijden ; Michael Jackson ; Bill Withers  ; Antonio Vivaldi ; Vittorio Monti ; Fritz Kreisler ; Eric Weissberg, Steve Mandel ; George Gershwin, Ira Gershwin, Dubose Heyward et Dorothy Heyward ; Mikis Theodorakis ; Domenico Modugno et Franco Migliacci ; James Hetfield, Lars Ulrich et Michael Kamen ; Angus Young et Malcom Young ; Niccolò Paganini  ; Antonin Dvořák ; Nikolai Rimski-Korssakov. David Garrett, violon ; John Haywood, piano ; Giorgio Serci, guitare ; Ben Bryant, batterie ; Tom Mason, contrebasse ; Neue Philharmonie Frankfurt, direction : Franck van der Heijden

David Garrett, violoniste non-conformiste, au look attractif de mannequin, bouscule la tradition, mélange les genres. Il nous offre ce soir un concert un peu particulier. Cela fait partie d’une tournée avec orchestre et «band» sur une scène de concert rock avec lumières et large écran. Et cela semble fonctionner. Il fait salle comble ! Le public est très diversifié allant des enfants aux grands-parents, en passant par les jeunes adolescentes en complète adoration.

Chapeau sur de longs cheveux décolorés, tee-shirt noir, jean à taille basse et baskets, le ton est donné avec Pirates de Caraïbes. Très décontracté, prend un plaisir évident à parler au micro. Il sourit, plaisante, annonçant les morceaux, ajoutant une petite anecdote sympathique sur sa vie à New York, chauffant l’audience avec une aisance remarquable, allant de Bach et Sarasate, en passant par Gershwin, jusqu’à Michael Jackson et AC/DC avec le même talent, la même facilité. Il séduit et il le sait. Il montre sa virtuosité au public en faisant poser sur sa tête une mini caméra lors de l’exécution de Zapateado de . A la hauteur de ses yeux, l’agilité de ses doigts fins et l’archet dansant sur les cordes nous sont dévoilés en gros plan.

Franck van der Heijden dirige tranquillement l’orchestre et chose rare, accompagne même quelques morceaux à la basse électrique. Tout le monde a l’air de bien s’amuser. Et tout semble parfaitement contrôlé. C’est jeune, dynamique et plaisant même si on a regretté dans l’ensemble une batterie imposante et trop souvent dominante et un piano un peu effacé.

Nous avons surtout aimé Winter et Summer, deux arrangements rythmés particulièrement réussis des Quatre Saisons de Vivaldi, Duelling Strings, un magnifique duo tiré du film «Délivrance» où le violon répond à la guitare de façon étonnante. Dans Summertime de Gershwin, Garrett prouve qu’il maîtrise également le jazz qu’il a appris à la Juilliard School. On souhaiterait l’entendre encore dans ce genre de répertoire. Le dialogue avec la trompette est superbe. Le troisième mouvement du Concerto pour violon de Bach est aussi tout à fait séduisant même si la sonorité électrique du violon par rapport à l’orchestre peut surprendre. Le Carnevale di Venezia de Paganini en a ému plus d’un. Et l’interprétation de Nothing Else Matters de Metallica où le violon remplace la voix fait littéralement vibrer. Rock Prélude, une composition tonique de Garrett et Van der Heijden nous a permis d’entendre un solo de batteries digne des grands concerts rock. Mais l’ambiance était vraiment au comble de l’excitation dans Thunderstruck de AC/DC quand Garrett demanda de crier «Thun – Der», passant réellement une fabuleuse énergie à toute la salle. C’est populaire mais agréable et est un virtuose de haut niveau, transmettant à son violon une merveilleuse sonorité. Son talent de violoniste est indéniable, on lui découvre un talent d’acteur capable d’électriser une salle pendant plus de deux heures. A suivre donc…

Crédit photographique : © Uli Weber

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