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Qualità diversa

La Scène, Opéra, Opéras

Nice. Opéra. 20-II-2009. Giacchino Rossini (1792-1868) : Il barbiere di seviglia, opéra-bouffe en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène et décors : Charlie Mangel. Eclairage : Richard Psourtseff. Avec : Evgueniy Alexiev, Figaro ; Kristin Chavez, Rosina ; Dominique Moralez, Il Conte Almaviva ; Jean-Luc Chaignaud, Bartolo ; Carlos Esquivel, Don Basilio ; Virginie Pochon, Bertha ; Ioan Hotensche, Fiorello ; Eric Ferri, Ufficiale. Chœur de l’Opéra de Nice (chef de chœur, Giulio Magnanini), Orchestre Philharmonique de Nice, direction musicale : Sergio Monterisi.

Il barbiere di Seviglia

Soirée en demie teinte à l’opéra de Nice pour cette première du Barbier de Séville. Si l’orchestre est resté fidèle à lui-même, la mise en scène se révéla extrêmement fade, sans relief et sans imagination. La confusion des genres, des styles et des époques, sans doute pour signifier l’atemporalité du thème, ressemblait plus à un anachronisme qu’à une originalité. Le déséquilibre de la position scénique toujours décalée vers la droite de la scène dut certainement être ressentie par toute une partie de la salle privée de l’essentiel du spectacle.

Toutefois, malgré le fond relativement fade de la mise en scène, les chanteurs ont très bien tenu le rôle qui leur était assigné et particulièrement Figaro. En revanche, les voix n’étaient pas vraiment adaptées au répertoire du Bolognais, notamment dans les dictions très difficiles et avalées, voire non prononcées, à l’excellente exception de campant Bartolo. En dépit d’une ouverture, où la justesse – particulièrement celle du hautbois – était quelque peu relative, où les pizzicati traînaient, où les cuivres – chose suffisamment exceptionnelle pour être notée – étaient couverts par le reste de l’orchestre, où les basses très lourdes ont appesanti l’ensemble jusqu’au décalage avec les cordes, outre tout cela donc…l’orchestre mené d’une main précise par Sergio Monterisi, nous a livré un excellent Rossini. Irions-nous jusqu’à dire «un modèle d’interprétation» ? En tout cas, après la délicate mise en place de l’ouverture, tout y était ! Les pizzicati, la gestion si «rossinienne» des soufflets. Parmi les perles, soulignons l’extrême chaleur des pizzicati sous le duo de Figaro et du comte et la grande maîtrise de ces fameuses dissonances qui valurent (entre autres) à la «première» un si désastreux accueil. Les chanteurs furent beaucoup plus inégaux et l’excellent traitement de l’orchestre ne put malheureusement que faire ressortir ce déséquilibre.

Si , outre une grande qualité de jeu scénique, sut charmer par la profondeur de ses basses, sa diction sur les grands airs, fut véritablement approximative et lourde au point de passer certaines broderies et, souffle coupé, d’être couvert par l’orchestre, notamment sur la qualità. Pareillement Rosine, à la voie claire et puissante, s’appesantit sur toutes les broderies de ses vocalises, cependant moins que Figaro. La rapidité du rythme compromit également la justesse de l’attaque des aigus de Kristin Chavez. La belle puissance de sa voix ne lui permit cependant pas d’équilibrer dans «Dunque io son» Figaro qui la couvrit sur la moitie du duo. Si les chanteurs manquèrent de précision, sauf dans les récitatifs tous très bons et très distincts, il faut en revanche noter la finesse et la précision du chœur final du premier acte. Enfin, nous ne pouvons conclure sans une mention particulière pour l’excellente prestation du second rôle, .

Crédit photographique : Kristin chavez (Rosina) & (Almaviva) © Opéra de Nice

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