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Grenoble. MC2. 05-III-2009. Anton Webern (1883-1945) : Passacaille pour orchestre op. 1. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan ». Orchestre du Conservatoire de Lyon, direction : Peter Csaba.

Orchestre du CNSM de Lyon

A l’instar de l’orchestre du CNMSD de Paris l’an dernier dans la même salle, l’Orchestre du CNSM de Lyon nous propose un programme associant un «tube» de la musique classique – la Symphonie «Titan» de Mahler – et une œuvre plus récente et audacieuse – la Passacaille pour orchestre de Webern. Et là encore, la rencontre entre un orchestre de jeunes talents et un monument de la musique est une totale réussite.

On peut soupçonner que face à de tels orchestres constitués de pré-professionnels de la musique qui ont le niveau de professionnels mais conservent l’enthousiasme et la fraîcheur de la jeunesse, les chefs ne peuvent résister à l’envie de monter des œuvres qui allient exigence technique et expressive et qui peuvent séduire un public large. On comprend également ce besoin et cette envie, à la fois musicales et pédagogiques, d’ouvrir interprètes et auditeurs à un répertoire qui, s’il n’est pas si audacieux que cela, a encore et toujours besoin qu’on œuvre pour le faire connaître. Mais surtout on ne peut que se féliciter de tels choix, qui sont à l’origine de moments de partages musicaux exceptionnels, l’occasion de la rencontre d’un public pas toujours acquis à la musique du début du XXe siècle avec des compositeurs tels que Berg, Webern ou Schœnberg.

Le concert débute donc par la Passacaille pour orchestre op. 1 de Webern. Composée en 1908, cette œuvre comporte encore quelques traces de l’héritage culturel du compositeur, mais elle est déjà empreinte des caractéristiques de toutes ses œuvres à venir : écriture non tonale, utilisation des silences, et surtout mise en valeur très subtile de toutes les couleurs de l’orchestre. La très grande expressivité de l’œuvre, parfois même son lyrisme sont mis en valeur par la palette de sonorités de l’orchestre, révélées les unes après les autres. L’interprétation impeccable qu’en donne l’Orchestre du Conservatoire de Lyon ne peut que séduire les plus réticents… pari réussi, donc.

Vient ensuite l’œuvre qui, certainement, a fait déplacer le public très nombreux : la Symphonie Titan. Cette pièce monumentale tant par sa dimension expressive que son effectif – les percussions ! – où son énergie est à la mesure de l’enthousiasme de l’orchestre. Sous la baguette de , les jeunes interprètes nous offrent des élans musicaux magnifiques, des éclats saisissants. On est immergés tour à tour dans des vagues de lyrisme, d’énergie, de joie, de tendresse, de vigueur parfois à la limite de la brutalité. C’est magnifique, c’est grisant… on ne peut s’empêcher cependant de regretter que les passages plus intimes ne le soient pas tant que ça : il manque parfois un appel d’air qui permettrait de se ressaisir entre deux éclats saisissants… mais assourdissants. Malgré cette petite réserve, cela reste une magnifique soirée, et une nouvelle preuve que ces orchestres CNSM sont à suivre !

Crédit photographique : © DR

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Grenoble. MC2. 05-III-2009. Anton Webern (1883-1945) : Passacaille pour orchestre op. 1. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan ». Orchestre du Conservatoire de Lyon, direction : Peter Csaba.

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