Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Cantates françaises inédites par Les Passions

Plus de détails

Toulouse. Chapelle Sainte-Anne. 10-III-2009. « Les Amants heureux et malheureux, Cantates françaises issues du fonds musical ancien de Toulouse ». Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) : sonate en trio N° 4, opus 28 (allemanda (allegro), corrente, adagio, menuetto, menuetto secondo) ; Anonyme : L’Amour pastoral – ? – Desmarais ( ? – ?) : Sonate pour deux dessus ; ? – Fel (? – ?) : « Le Mot difficile » ; Marin Marais (1656-1728) : Pièces pour viole et basse continue du Livre V (chaconne, la tatillone, saillie du jardin, le jeu du volant) ; Monsieur Buttier (?- ?) : « Les Amants heureux et malheureux ». Cécile Moureau, soprano ; Flavio Losco, violon ; Étienne Mangot, viole de gambe ; Yves Rechsteiner, clavecin ; Jean-Marc Andrieu, flûte à bec.

Constant selon un infatigable esprit de recherche, , qui anime avec talent l’excellent ensemble baroque «», proposait pour le 3e concert de sa saison toulousaine, des cantates françaises, pour la plupart inédites, issues du fonds musical de la bibliothèque de Toulouse.

Puisant dans cette inépuisable source, ainsi qu’au fonds des ducs d’Aiguillon conservé aux archives départementales de Lot et Garonne à Agen, il a exhumé trois petits bijoux, qui n’avaient plus été entendus depuis les années 1730.

À la différence des cantates luthériennes, qui se sont développées en Allemagne et dans l’Europe réformée aux XVIIe et XVIIIe siècles, la cantate française est un genre aristocratique, qui s’épanouissait en petite forme dans l’intimité des salons parisiens ou des seigneurs mélomanes. Il s’agit généralement de courtes pièces, souvent d’inspiration mythologique, alternant les airs et récitatifs, selon la forme lyrique, à la façon de mini opéras, qui ne lassaient pas la (faible) capacité de concentration de l’auditoire. La question était alors de dépasser les virulentes querelles de style pour réunir les goûts français et italiens.

Sur les trois cantates proposées, deux compositeurs sont de parfaits inconnus. Seul le Bordelais Fel possède une petite renommée, grâce à sa sœur Marie Fel, qui fut la créatrice des grands opéras de Rameau et fit quelques ravages dans la bonne société parisienne de l’époque… Sa cantatille «Le Mot difficile» est une délicate romance où l’amour peine à se déclarer.

Cette musique élégante et légère s’inscrit parfaitement dans le style et les préoccupations pastorales et galantes de l’époque, où l’Antiquité sert encore de prétexte à l’expression du sentiment amoureux.

Soutenue par les virtuoses des Passions, la jeune soprano Cécile Moureau rend justice avec une belle aisance vocale et une voix d’une grande clarté à ces délicates pièces de genre. Cette ancienne pensionnaire du Centre de Musique Baroque de Versailles a participé à l’Académie Baroque d’Ambronay et a rejoint le chœur du Concert Spirituel d’ pour la «Messe en Si» et le désopilant «King Arthur» de Purcell à l’opéra comédie de Montpellier l’été dernier. Elle maîtrise parfaitement la prosodie baroque avec de redoutables ornements, maniant aisément la difficile diction du français ancien.

Cécile Moureau révèle un réel tempérament dramatique dans la belle cantate «Les Amants heureux et malheureux», d’un obscur Monsieur Buttier, qui donnait son titre au concert.

Menés par les flûtes de , les musiciens tissent un élégant et savoureux écrin musical à la soliste. Entre les cantates, ils alternent des pièces instrumentales tout aussi raffinées.

La 4e sonate en trio de rappelle les danses, fort prisées à l’époque. Une sonate pour deux dessus d’un certain Desmarais donne lieu à un étonnant duo virtuose entre la flûte de Jean-Marc Andrieu et le violon de . Enfin, quatre superbes pièces pour viole de permettent à Étienne Mangot de déployer tous les fastes du chant de sa viole de gambe. Il est soutenu avec beaucoup d’intelligence et de discrétion par le clavecin d’Yves Reschsteiner, avec lequel il forme un continuo d’une belle et dense régularité.

Crédit photographique : Le mot difficile avec Cécile Moureau © DR

Plus de détails

Toulouse. Chapelle Sainte-Anne. 10-III-2009. « Les Amants heureux et malheureux, Cantates françaises issues du fonds musical ancien de Toulouse ». Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) : sonate en trio N° 4, opus 28 (allemanda (allegro), corrente, adagio, menuetto, menuetto secondo) ; Anonyme : L’Amour pastoral – ? – Desmarais ( ? – ?) : Sonate pour deux dessus ; ? – Fel (? – ?) : « Le Mot difficile » ; Marin Marais (1656-1728) : Pièces pour viole et basse continue du Livre V (chaconne, la tatillone, saillie du jardin, le jeu du volant) ; Monsieur Buttier (?- ?) : « Les Amants heureux et malheureux ». Cécile Moureau, soprano ; Flavio Losco, violon ; Étienne Mangot, viole de gambe ; Yves Rechsteiner, clavecin ; Jean-Marc Andrieu, flûte à bec.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.