Ode tchèque à la nature

La Scène, ResBambini, Spectacles Jeune public

Paris. Amphithéâtre de l’Opéra-Bastille. 18-III-2009. Leoš Janáček (1854-1928) : Une petite renarde rusée, d’après La petite renarde rusée, opéra en trois actes sur un livret du compositeur. Adaptation : Alexander Krampe et Ronny Dietrich. Mise en scène : Charlotte Nessi. Scénographie et lumières : Gérard Champion. Images : Samuel Hercule et Mike Guermyet. Costumes : Jérôme Kaplan, assisté de Céline Marin. Masques : Pascale Dufay. Direction vocale des enfants et jeunes solistes : Scott Alan Prouty, assisté de Mathieu Septier. Avec Elena Pœsina, La Renarde ; Jacques Calatayud, Le Forestier ; Maja Pavlovska, Le Renard / Le Coq ; Nicolas Rouault, Le Blaireau ; Jennifer Tani, La Femme du Forestier ; Marc Valero, Le Chien. Orchestre : Benjamin Fabre et Catherine Jacquet, violons ; Maria Mosconi, alto ; Thibaut Leroy, violoncelle ; Nathanaël Malnoury, contrebasse ; Pierre-Simon Chevry, flûte. Direction musicale : Denis Comtet.

Une Petite Renarde rusée

Avec l’appui hyperréaliste d’un montage vidéo, cette mise en scène pour jeune public d’Une petite renarde rusée ouvre habilement une fenêtre sur la nature et le rythme des saisons.

Pour cette nouvelle adaptation d’Alexander Krampe et Ronny Dietrich, le chef d’orchestre a choisi de faire chanter les personnages humains (Le Forestier, sa femme et ses enfants) en français et les animaux en tchèque. Si ce système est intéressant vocalement, il pose parfois des problèmes de compréhension aux jeunes spectateurs. D’autant plus que l’orchestre, installé sur les gradins de l’amphithéâtre, couvre parfois les voix les plus minces, comme celles des enfants. Le plus audible est le personnage du forestier, incarné par , avec une belle ampleur vocale, et une diction parfaite et limpide.

, de son côté, fait d’Une petite renarde rusée une véritable ode à la nature. Elle superpose les paysages pour y faire bruire le vent ou tomber la neige. Elle joue avec les écrans pour faire apparaître ou disparaître les animaux et leur image. Elle s’amuse avec les effets spéciaux, n’hésitant pas à faire un clin d’œil à Méliès pendant le duo d’amour de La Renarde et du Renard au clair de lune. De même, leur mariage est astucieusement montré sous la forme d’un film amateur qu’ils se projettent en amoureux.

Le dernier acte sonne l’accord parfait entre décor et musique. Camouflé sous un manteau de feuilles mortes, Le Forestier revient l’été suivant à la poursuite de La Renarde qui s’était enfuie de chez lui. Cette fois, il chante en tchèque (!). La famille Renard au grand complet (cinq renardeaux, pas moins) le houspille et rumine un mauvais coup. La Renarde, soucieuse de protéger sa petite famille, en sera la victime malheureuse et l’exprimera dans un très bel air final.

Crédit photographique : © Xavier Pinon / Opéra National de Paris

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