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Une Passion bien servie par son Évangéliste

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 20-III-09. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Passion selon Saint Jean, BWV 245. Anna Kristina Kaappola, soprano, Ingeborg Danz, contralto, Christoph Genz, ténor (L’Évangéliste), Andreas Weller, ténor, Konstantin Wolff, basse, Yorck Felix Speer, basse (Le Christ). Akademie für Alte Musik Berlin, RIAS Kammerchor, direction : Hans-Christoph Rademann.

Le texte des Passions est traditionnellement chanté par un récitant, rôle dévolu à un ténor (). La conduite de l’œuvre repose sur ce récit, qui est ponctué par les interventions d’autres solistes ou du chœur.

Saluons tout de suite la ferveur et l’émotion de l’Évangéliste interprété par . Il a suivi, toujours avec justesse et goût, les maintes inflexions suggérées par le texte. Il a servi avec zèle et dévouement la qualité expressive de ce récitatif concentré sur l’essentiel. Concis et sans fioriture, il a animé avec ardeur les moments d’une forte dramaturgie, proches des récitatifs d’opéra et dramatiques. Son récit était accompagné tantôt par la basse continue, tantôt par l’orchestre, dont on a apprécié la finesse et la qualité.

Christoph Genz a aussi dialogué avec le chœur dans les sections dites des « turbae » (foules), où le peuple, les pharisiens, les prêtres juifs et les soldats romains expriment en de courtes phrases rythmées leur colère, leurs accusations ou leur frustration. est parvenu à leur donner une grande lisibilité : il a saisi sa baguette dans les moments les plus dynamiques ou dans ceux qui demandaient une grande précision, et on a aimé la rythmique des appels et la clarté qui en a résulté. Le chœur est également entré en scène dans les chorals qui parsèment l’œuvre – que Rademann a dirigés à la main, comme il se doit dans une version baroque sur instruments anciens. Ces chorals étaient chantés d’une seule voix par un chœur pourtant étoffé, avec des respirations marquées et une diction remarquable. Peut-être cependant furent-ils un peu rapides dans la première partie.

Les solistes ont interprété avec sérieux et avec une prononciation distincte les divers ariosos et arias, développant d’heureux contrepoints avec les instruments. Mais l’expression y était plus neutre, moins intense et moins présente, et les voix d’hommes peu timbrées. Une exception cependant, et combien heureuse : l’émouvante aria d’alto « Es ist vollbracht » (« Tout est accompli »), qui évoque le deuil des âmes affligées ainsi que le salut de l’humanité. Nous avons pu nous laisser emporter par la voix empreinte d’émotion de la soliste et son dialogue avec la viole de gambe.

Malgré ces quelques inégalités, c’est transportés dans un autre monde que nous avons dû quitter, à regret, le théâtre des Champs-Élysées.

Crédit photographique : © Roc Berlin 2009

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 20-III-09. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Passion selon Saint Jean, BWV 245. Anna Kristina Kaappola, soprano, Ingeborg Danz, contralto, Christoph Genz, ténor (L’Évangéliste), Andreas Weller, ténor, Konstantin Wolff, basse, Yorck Felix Speer, basse (Le Christ). Akademie für Alte Musik Berlin, RIAS Kammerchor, direction : Hans-Christoph Rademann.

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