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Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan op. 20 ; Eine Alpensinfonie op. 64. Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Mariss Jansons. 1 SACD hybride RCO Live RCO 08006. Code barre : 5 42500837332. Enregistré en public du 19 au 23 septembre 2007 (Alpensinfonie) et les 18-21 octobre 2007 et 16-17 janvier 2008 (Don Juan) au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice en anglais, français, allemand, néerlandais. Durée : 70’22’’

 

Reflet de plusieurs concerts donnés dans la superbe salle du Concertgebouw d’Amsterdam, les deux œuvres réunies sur ce SACD occupent presque les deux extrémités de la production des grands poèmes symphoniques de puisque Don Juan, précédé seulement par Aus Italien et Macbeth, en est le premier chef-d’œuvre en 1889 et Eine Alpensinfonie clôt le cycle en 1915 (si on met à part Métamorphoses de 1945). Avec ces œuvres pour grand orchestre virtuose, on peut s’attendre, étant donnée l’affiche de ce disque, à une splendide démonstration de force et de subtilité sonores, et si on met la barre tout en haut, à de grands moments de musique. Mais si la première partie du contrat est remplie haut la main, reconnaissons que la seconde n’est atteinte que par moment, et qu’on reste souvent un poil en deçà.

Pour simplifier, on pourrait dire que le Don Juan qui ouvre ce disque ressemble à du Karajan en mieux, c’est à dire très joli, assez legato, mais pas exagérément comme chez l’illustre chef autrichien qui, curieusement, réussissait bien mieux les longs poèmes symphoniques straussiens que les plus bref (Don Juan et Till n’était pas ses meilleurs réalisations). Mais avec comme avec Karajan, les thèmes semblent manquer un peu de caractérisation et de tranchant, et l’œuvre globale de narration. C’est beau, bien fait, assez vivant, mais certains passages manquent quand même de tension, et dire qu’on est soulevé de son siège et emporté au cœur d’un drame serait exagéré. Nul doute que dans la salle, en live, cela pouvait faire son effet car l’orchestre est formidable, mais en disque, l’écoute répétée risque de tourner au simple plaisir hédoniste d’écouter une merveilleuse machine symphonique.

Alors quitte à s’en mettre plein les oreilles, écoutons la Symphonie Alpestre, qui semble avoir été écrite exactement dans ce but. Elle raconte l’ascension d’un sommet alpin puis le retour dans la vallée. Deux parties donc, et accessoirement vingt trois épisodes, qui n’ont apparemment pas inspiré le chef tout à fait au même niveau. Comme nous le reprochions voilà peu à Marek Janowski, c’est une œuvre où il faut jouer le jeu à fond, surtout quand on dispose comme ici (ce que n’avait pas Janowski) d’un orchestre capable de transcender cette partition. Pourtant, et pendant à peu près toute l’ascension, on sent que le chef retient ses forces sans aller jusqu’au bout, expressivement parlant (qu’on se rassure les décibels sont bien là). Alors qu’une fois le sommet atteint, cette légère réserve disparaît, chef et orchestre nous offrent alors une fin d’œuvre absolument grandiose, avec un orage d’anthologie, et une tombée de la nuit magique. Dommage que la première partie n’ait pas bénéficié de ce niveau d’engagement car nous aurions eu là une version de référence. Surtout en SACD (point besoin de chercher le multicanal, la piste SACD stéréo suffit largement), qui prouve dans cette œuvre de démonstration hifiste, tout son intérêt avec cette sensation de réserve de puissance infinie faisant que les énormes fortissimo restent d’une clarté et d’une lisibilité exceptionnelle, on se croirait dans la salle, alors que le CD fait manifestement de son mieux mais rame, rame …

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Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan op. 20 ; Eine Alpensinfonie op. 64. Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Mariss Jansons. 1 SACD hybride RCO Live RCO 08006. Code barre : 5 42500837332. Enregistré en public du 19 au 23 septembre 2007 (Alpensinfonie) et les 18-21 octobre 2007 et 16-17 janvier 2008 (Don Juan) au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice en anglais, français, allemand, néerlandais. Durée : 70’22’’

 
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