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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844 1908) : Le Coq d’Or. Eugene Nesternko, Tsar Dodon ; Viacheslav Voinarovsky, Tsarevitch Gvidon ; Vladimir Svistov Tsarevitch Gvidon ; Alexeï Mochalov, Vœvode Polkan ; Raisa kotova, Amelfa ; Boris Tarkov, Astrologue ; Elena Ustinova, reine de Shemakha ; Olga Shalaeva, le Coq d’Or. Grand Chœur académique de la radio-télévision d’URSS ; Orchestre Philharmonique de Moscou, direction : Dimitri Kitaenko. 2 CD Melodiya MEL CD 10 01398. Code barre : 4 600317013982. Date d’enregistrement non précisée. Notice de présentation en anglais et russe. Durée : 122’48

 

Ultime opéra de , le Coq d’Or possède une portée historique et politique certaine : il fut amorcé en 1906, après la révolution avortée de 1905 et les tensions au conservatoire de Saint-Pétersbourg où le compositeur était au cœur d’intrigues. Dépité sur l’avenir de la Russie et en proie aux doutes artistiques, Rimsky termine sa partition en 1907. Tiré du premier conte satirique de Pouchkine, cet opéra tance vertement le pouvoir tsariste tout en questionnant l’Histoire. Il fut censuré à plusieurs reprises et la création fut posthume en 1908. L’œuvre remporta un grand succès à Paris dans le cadre de la saison des Ballets russes (1914) : la partition fut chorégraphiée par Fokine dans des décors de Gontcharova. Il en découla de nombreuses productions jusqu’à la seconde guerre mondiale. En dépit de certaines réalisations contemporaines (dont une au théâtre du Chatelet en 1984), la partition, à l’image des autres opéras de Rimski-Korsakov, ne s’est hélas jamais imposée au répertoire des maisons lyriques.

Pourtant, le côté satirique et la dimension politique de ce Coq d’Or en font l’une des plus intéressantes œuvres de Rimsky du point de vue dramaturgique. Côté musique, le compositeur réussit à serrer l’action et livre une musique féérique, image d’un orient russe mythologique et rêvé. Discographiquement, depuis la disparition de la version Svetlanov (MCA), le mélomane devait se retourner vers un fade enregistrement bulgare (Capriccio). Rarement diffusée, ce coffret moscovite s’assure d’emblée une place d’importance ! Maître de cérémonie de cette farce, impose des nuances et des couleurs vaporeuses et songeuses, sans perdre le fil dramatique. Il est secondé par une distribution parfaite d’où émerge le grotesque Dodon chanté par .

La prise de son, bien que parfois légèrement dure, assure tout de même un certain relief et présente un bel équilibre chant/orchestre. Le gros défaut de ce coffret musicalement exceptionnel réside dans un service éditorial minimal avec un triste résumé et une absence de texte chanté. De toute façon, en l’absence de toute concurrence sérieuse (et pour longtemps), ce coffret est important dans la discographie de la musique russe.

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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844 1908) : Le Coq d’Or. Eugene Nesternko, Tsar Dodon ; Viacheslav Voinarovsky, Tsarevitch Gvidon ; Vladimir Svistov Tsarevitch Gvidon ; Alexeï Mochalov, Vœvode Polkan ; Raisa kotova, Amelfa ; Boris Tarkov, Astrologue ; Elena Ustinova, reine de Shemakha ; Olga Shalaeva, le Coq d’Or. Grand Chœur académique de la radio-télévision d’URSS ; Orchestre Philharmonique de Moscou, direction : Dimitri Kitaenko. 2 CD Melodiya MEL CD 10 01398. Code barre : 4 600317013982. Date d’enregistrement non précisée. Notice de présentation en anglais et russe. Durée : 122’48

 
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