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Aix-en-Provence. Cathédrale Saint-Sauveur. 12-IV-2009. François Estienne (1674-1755) : Exaudiat te Dominus ; Jean-Sébastien Bach (1685-750) : Concerto pour violon et orchestre en mi majeur BWV 1042 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Vêpres solennelles du Confesseur KV 339. Laure Bonnaure, dessus ; Béatrice Estienne, alto ; Jacques Losse, haute-contre ; Cédric Martini, taille ; René Linnenbank, basse-taille ; Flavio Losco, violon. Les Festes d’Orphée, direction : Guy Laurent

Les Festes d’Orphée

Ce dimanche pascal, un curieux attroupement se tenait vers 16 heures Place de la Cathédrale à Aix-en-Provence. Ni mouvement social, ni événement médiatique, il s’agissait, et c’est bien réconfortant, du premier concert du XVIIIe festival de musique sacrée d’Aix, donné par l’ensemble baroque des Festes d’Orphée. Cet ensemble local, qui a déjà enregistré plusieurs disques, s’est donné comme objectif de faire revivre les œuvres des maîtres provençaux baroques : Campra, Estienne, Gilles, Belissen… Si certains sont connus, joués et enregistrés depuis quelque temps, d’autres, comme François Estienne, restent entièrement à redécouvrir.

Ce concert a donc débuté avec un grand motet «versaillais» d’Estienne, Exaudiat. Acceptons que ce répertoire peut paraître difficile, si la musique est faible ou si les interprètes ne sont pas inspirés. Même si ce motet est assez prévisible dans sa construction, les différents versets s’enchaînent avec beaucoup de variété. Aussi bien les solistes, Laure Bonnaure et Jacques Losse en tête, le chœur, que l’orchestre ont rempli leur mission avec tous les honneurs. Ainsi ils nous persuadant que François Estienne, auteur d’une vingtaine de grands motets dans les années 1720-40, est un compositeur à redécouvrir. Il réussit, tel le grand Charpentier, à faire entrer quelque chose du monde de l’Opéra dans l’Église.

Suit le Concerto pour violon BWV 1042 de Bach, interprété par le 1er violon de l’ensemble, . Ce dernier joue d’une manière inhabituelle : il est constamment souriant et passe son temps à faire des clins d’œil vers l’orchestre. Ceci donne l’impression au spectateur qu’il n’est pas totalement concentré, ni concerné et qu’il joue de manière trop extérieure. Si les passages rapides des mouvements extrêmes ont été épargnés, le mouvement lent central – une merveille – en a un peu été gâché. C’est dommage. C’est dommage et étrange de la part de ce fin musicien.

Pour finir, des trompettes, des trombones et des timbales ainsi que le reste du chœur se sont joints à l’effectif présent afin d’interpréter les Vêpres solennelles du Confesseur de Mozart. Cette œuvre est composite et après un début interprété de manière un peu électrique, le Laudate Dominum, seul air pour voix soliste, apporte le calme, tout en douceur et en vocalises. Il a été parfaitement interprété par Laure Bonnaure, retenant leur respiration, les spectateurs ont pu vivre un moment rare de suspension du temps, la soliste sachant admirablement projeter sa voix. Bien qu’un peu disparate dans sa réalisation, ce concert restera tout de même une belle réussite, il convient d’encourager les acteurs de ce festival à poursuivre leurs efforts, car un public nombreux l’attend.

Crédit photographique : © Frédéric Platzer

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Aix-en-Provence. Cathédrale Saint-Sauveur. 12-IV-2009. François Estienne (1674-1755) : Exaudiat te Dominus ; Jean-Sébastien Bach (1685-750) : Concerto pour violon et orchestre en mi majeur BWV 1042 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Vêpres solennelles du Confesseur KV 339. Laure Bonnaure, dessus ; Béatrice Estienne, alto ; Jacques Losse, haute-contre ; Cédric Martini, taille ; René Linnenbank, basse-taille ; Flavio Losco, violon. Les Festes d’Orphée, direction : Guy Laurent

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