Le Son, Puissance N

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Sascha Janko Dragićević (né en 1969) : Autogamie Version 4 pour fagott, live-électronique et sons de support ; Più (Einsiedler trifft Stahlbaum) pour basson et support électronique ; Enno Poppe (né en 1969) : Holz solo pour basson ; Pierluigi Billone (né en 1960) : Legno II. Version pour basson ; Franck Bedrossian (né en 1971) : Transmission pour basson et électronique. Johannes Schwarz, basson. Ensemble Modern. 1 SACD Ensemble Modern Medien EMSACD002 ; pas de code barre ; lieu et dates d’enregistrement non précisés. Livret bilingue (allemand, anglais). 48’42’’

 

Membre de l’ depuis 2003, le bassoniste allemand Johannes Schwarz appartient à cette génération d’instrumentistes qui ont approché tous les styles de musique et toutes les pratiques de leur instrument : classique évidemment mais aussi baroque, contemporaine, jazz et musiques improvisées ; A ce niveau d’excellence, c’est une maîtrise prodigieuse du souffle, une précision virtuose de l’articulation et une palette inouïe de sonorités que Johannes Schwarz déploie dans les cinq œuvres de cet album étonnant.

Dans Holz solo (bois) du compositeur allemand – l’une des deux pièces pour basson seul – des sections rythmiques périlleuses, visant à altérer la sonorité du basson, alternent avec des séquences purement linéaires rejoignant l’art ornemental et les inflexions microtonales des musiques improvisées. L’œuvre du même titre, Legno (Bois) de l’italien Pierluigi Billone – élève de Sciarrino et Lachenmann – est une exploration lente et obstinée du spectre sonore découvrant, au fil du processus et par le biais des sons multiphoniques, tout ce que le basson peut produire en termes de couleurs et de textures.

Les trois autres pièces convoquent l’électronique : par le biais de l’œuvre mixte comme piu du compositeur allemand , une pièce d’un seul trait – véritable performance nécessitant le souffle continu – dans laquelle la partie de basson est progressivement «aspirée» par le flux électroacoustique. Autogamie du même compositeur conjugue la transformation électronique en direct avec les sons fixés dans un jeu d’interaction plus subtile projetant la partie de basson dans un milieu sonore foisonnant.

Transmission (2002) de atteint ici à l’incandescence, entretenue par la tension énergétique et la puissance du jeu de Johannes Schwarz dont les capacités hors norme semblent trouver leur pleine mesure dans l’excès du son. Dans un corps à corps très viscéral avec l’électronique, l’interprète confère à cette poétique de la saturation sa dimension émotionnelle.

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