Concerts, La Scène

Quand République tchèque et Suisse se rencontrent

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Liège. Salle Académique de l’Université de Liège. 30-IV-2009. Franz Schubert (1797-1828) : Rondo pour violon et cordes en la majeur D. 438. Pablo de Sarasate (1844-1908) : Zigeunerweisen op. 20 (version de Yoon-Kuk Lee). Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade pour cordes en mi majeur op. 22. Georges-Emmanuel Schneider, violon. Orchestre de Chambre Louis Poulet, direction : Ondřej Kukal.

C’est avec un très vif plaisir que nous avons retrouvé l’Orchestre de Chambre Louis Poulet, et cela d’autant plus qu’il s’agissait, selon le programme, d’un «Concert exceptionnel en l’honneur de la Présidence Européenne de la République tchèque». À cette occasion, L’alto avait invité le compositeur, violoniste et chef d’orchestre tchèque à la tête de cette formation, raison pour laquelle André Poulet, excellent violoncelliste, y prestait plutôt que de la diriger comme de coutume. est né en 1964 à Prague où il a étudié au Conservatoire, notamment la composition avec Jindřich Feld. On peut trouver ses enregistrements chez Supraphon et Music Vars.

Le soliste invité pour ce concert était le remarquable violoniste suisse  : sortant assurément des sentiers battus, ses débuts de carrière comportaient notamment le Polyptyque pour violon solo et deux petits orchestres à cordes de Frank Martin, œuvre admirable probablement choisie en hommage à l’un de ses maîtres, Edmond de Stoutz, chef de l’Orchestre de Chambre de Zürich qui associé à Yehudi Menuhin et son propre orchestre de chambre, nous en avait laissé une gravure mémorable en septembre 1974 chez EMI.

En Belgique, nous avait déjà récemment conquis, formant avec le superbe pianiste le Duo «Darius» dans un admirable programme de musique de chambre à la Chapelle de Monty (Charneux), le 4 avril 2009. Avec l’, il nous confirme sa nature de violoniste d’exception dans le Rondo pour violon et cordes en la majeur de Schubert dont il a su tirer un maximum d’intensité expressive. Les Airs Bohémiens de Sarasate lui ont ensuite permis de déployer toute sa virtuosité tout à tour poétique et enthousiaste, tout en donnant l’impression d’une constante improvisation parsemée de nombreux rubatos en parfaite adéquation à cette évocation de la musique tzigane. Dans ces deux œuvres, c’était une véritable joie non seulement d’écouter le jeu très intériorisé de ce merveilleux musicien, mais aussi de le voir, le visage rayonnant du plaisir de faire de la musique en compagnie de l’orchestre dirigé par , qui lui apportait un commentaire extrêmement chaleureux, tout aussi soigné que constamment attentif.

La seconde partie de ce concert était dévolue à la très séduisante Sérénade pour cordes en mi majeur d’Antonín Dvořák, dans laquelle l’Orchestre de Chambre Louis Poulet s’est montré vraiment digne des petites formations tchèques habituées à cette musique, ce qui dut faire le bonheur d’Ondřej Kukal. Il est vraiment exaltant d’entendre cet ensemble de douze cordes (4 premiers violons, 3 seconds violons, 2 altos, 2 violoncelles et 1 contrebasse) sonner comme un grand orchestre. Cela, nous le devons au remarquable travail initié par André Poulet d’une formation qui, décidément, fait honneur à la mémoire de son père, Louis Poulet.

Une seule déception : la Salle Académique de l’Université de Liège où se donnait cette superbe prestation était aux trois-quarts vide… Il est vrai que la culture musicale de nos pauvres enfants en Belgique se réduit actuellement au hip-hop ou au rap, et n’est donc en rien comparable à celle du pays le plus musicien d’Europe : rien qu’à Prague, il y a pratiquement chaque jour un concert ou récital d’orgue dans chaque église ou salle de concert… Belle leçon d’une nation qui a connu tant de déchirements, de dominations ou d’occupations étrangères…

Crédit photographique : © Georges-Emmanuel Schneider

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Liège. Salle Académique de l’Université de Liège. 30-IV-2009. Franz Schubert (1797-1828) : Rondo pour violon et cordes en la majeur D. 438. Pablo de Sarasate (1844-1908) : Zigeunerweisen op. 20 (version de Yoon-Kuk Lee). Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade pour cordes en mi majeur op. 22. Georges-Emmanuel Schneider, violon. Orchestre de Chambre Louis Poulet, direction : Ondřej Kukal.

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