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Yundi Li, un jeu subtil et puissant

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Paris, Salle Pleyel, 14-V-2009. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne op. 9 n° 2 ; Quatre Mazurkas op. 33 ; Andante spianato et Grande Polonaise brillante en mi bémol majeur op. 22 ; Robert Schumann (1810-1856) / Franz Liszt (1811-1886) : Widmung ; Jian-Zhong Wang (né en 1933) : Rosy Clouds Chasing after the Moon ; Five Yunnan Folksongs ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Yundi Li, piano.

Lauréat du concours de Varsovie en 2000, considéré comme spécialiste du répertoire romantique, a fait preuve, tout au long du concert, d’une remarquable finesse. Son lyrisme dans le célèbre Nocturne op. 9 n°2 de Chopin a séduit la salle dès le début de la soirée. La subtilité de son jeu s’est particulièrement révélée dans les Cinq chants populaires de Jian-Zhong Wang, arrangés à la manière de Debussy. Son interprétation fluide, soignée jusqu’au moindre détail, atteste que les deux musiciens compatriotes partagent la même sensibilité.

Malgré ce grand sens poétique, son ardeur technique – une vélocité fiévreuse – crée parfois des effets inopportuns. La deuxième Mazurka en a témoigné : précipitation dans le tempo, rendant l’allure trop brutale pour une danse, au détriment de la rigueur rythmique, de fausses notes…

Dans la Grande Polonaise brillante et Widmung (Dédicace), alors la musique doit résonner pleinement, il donne un volume extrême, jusqu’à surprendre nos oreilles. Pourtant, même au milieu d’une succession de fortissimo, sa sonorité reste belle et limpide. A la fin de chaque pièce, une fois la première surprise passée, on constate que cette puissance sonore traduit une réflexion minutieuse sur la partition et l’interprétation reste convaincante.

Ce sentiment se confirme après l’entracte, dans les Tableaux d’une exposition de Moussorgski (changement de dernière minute, à la place de trois œuvres virtuoses de Liszt). Son approche est plus symphonique que pianistique, mettant l’accent sur un gigantesque crescendo vers la fin, pour aboutir dans une véritable explosion. Toutefois, ces feux d’artifice sonore à la monumentale Porte de Kiev n’empêchent nullement d’apprécier les mouvements des Poussins dans leurs coques ni d’effacer le brouhaha du Marché de Limoges. Des pages plus expressives, comme Il vecchio castello ou Catacombes, sont profondes et pénétrantes. Cette performance magistrale et imposante de fait complètement oublier son étiquette d’«interprète de Chopin et de Liszt».

La soirée s’achève par deux charmantes pièces chinoises en bis. En dépit de quelques défauts, l’ensemble du récital témoignait du grand potentiel de ce jeune pianiste de 27 ans.

Crédit photographique : Yundi Li © Mathias Bothor/DG

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Paris, Salle Pleyel, 14-V-2009. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne op. 9 n° 2 ; Quatre Mazurkas op. 33 ; Andante spianato et Grande Polonaise brillante en mi bémol majeur op. 22 ; Robert Schumann (1810-1856) / Franz Liszt (1811-1886) : Widmung ; Jian-Zhong Wang (né en 1933) : Rosy Clouds Chasing after the Moon ; Five Yunnan Folksongs ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Yundi Li, piano.

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