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Mi fougue, mi raison

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 25-V-2009. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n°1 en mi mineur op. 39. Igor Stravinsky (1882-1971) : L’oiseau de feu, ballet intégral. Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Valery Gergiev.

En moins de dix jours, le public parisien aura pu apprécier l’immense palette du chef «choc»  ! Après ses deux concerts à la Salle Pleyel, à la tête du London Symphony Orchestra (puis deux ou trois dates ailleurs en Europe… ), il dirigeait le mythique Wiener Philharmoniker, dans un programme sans extravagance pour la formation viennoise : Sibelius et Stravinsky.

Ecouter les musiciens du «Philar’de Vienne» est toujours un privilège et l’on ne sait comment se permettre de pinailler sur tels détails, l’orchestre, le chef, sa battue, etc… ! Les cordes sont toujours les plus somptueuses au monde, pouvant passer en une fraction de seconde d’un velours frissonnant à un déluge de couleurs, comme en témoigne ce tourbillon charnel, au début de l’»Andante» de la Symphonie n°1 de Sibelius ; les cuivres, les bois et tous les pupitres sont d’un niveau exceptionnel, et leurs titulaires tellement impliqués… Dans l’Oiseau de feu, on est admiratif de la réactivité, de l’engagement et de la fougue des viennois ! Une somptueuse démonstration du passage de l’individuel au collectif, qui fait tant défaut à nos orchestres !

Mais les choix de représentent une permanente mise en danger… Comme s’il poussait dans leurs retranchements ces musiciens d’exception : dans le «Scherzo» de la Symphonie n°1, le chef russe demande tant et tant que l’énergie de ce mouvement se mue peu à peu en rouleau compresseur, dépassant chef et instrumentistes. Et l’on sort surpris et laminé du Finale.

Dans l’Oiseau de feu, le constat est similaire et différent. Similaire, car Valery Gergiev souligne à l’excès les tonitruances ; différent car le Wiener Philharmoniker connaît son ouvrage et déploie la formidable palette dont il dispose dans les séquences les plus descriptives de la partition. Entre passion retenue et relâchement contraint, on reste, certes admiratif, mais troublé.

Deux bis «maison» venaient conclure ce concert – forcément – triomphal : un extrait de La Belle au bois dormant de Tchaïkovski et une Polka de Strauss presque surréaliste : le Wiener Philharmoniker pourrait jouer ce type de pages sans chef et dans le noir complet, tant ce répertoire lui appartient, et l’on s’amuse presque de voir le maestro russe (qui connaît des centaines d’œuvres par cœur !) tourner les pages de sa partition dans tous les sens… Moment d’humanité, léger et hilarant.

Crédit photographique : Valery Gergiev © DR

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