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Les musicales de Bagatelle

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Orangerie des jardins de Bagatelle. 23-V-2009. Franz Schubert (1797-1828) : Fantaisie en fa mineur pour piano à quatre mains ; Introduction et variations sur la Belle Meunière pour flûte et piano ; Le Roi des Aulnes (Transcription Schubert-Ernst) ; Trio en mi bémol majeurAndante con moto. Vanessa Wagner, piano ; Eric Artz, piano ; Matthieu Gauci-Ancelin, flûte ; Adam Laloum, piano ; Vadim Tchijik, violon ; Christian-Pierre La Marca, violoncelle.

IIe édition

Pour sa deuxième édition, le jeune festival des Musicales de Bagatelle nous a proposé de découvrir une trentaine de musiciens talentueux, aidés par la Fondation d’entreprise du Groupe Banque Populaire. C’est d’ailleurs l’objectif premier : donner aux plus jeunes la possibilité de jouer avec ceux qui ont déjà acquis la notoriété. Tous sont couverts de diplômes et de prix internationaux : le public a su être au rendez-vous. Chaque concert avait un thème et nous avons suivi pour vous trois de ces instants musicaux, avec trois thèmes différents : , Saudade et tango, Les jardins de Bagatelle.

Le concert débuta par l’»Andante con moto» du Trio op. 100, tube incontournable et clin d’œil au film de Stanley Kubrick Barry Lindon : c’est donc en plein romantisme musical que commença cette soirée au programme varié et riche en saveurs. L’introduction et variations sur la Belle Meunière, pour flûte et piano, nous a permis d’apprécier le jeu doux, soyeux et coloré de Matthieu Gauci-Ancelin. Le roi des aulnes, en version pour violon seul arrangé par Ernst, nous a surpris par la brillance de jeu et la musicalité impressionnante de  : il doit tenir simultanément la ligne mélodique et l’accompagnement puissant dans les notes graves. Puis la marraine de la soirée, , a partagé la Fantaisie en fa mineur avec élégance et humilité aux côtés d’Eric Artz, qui a su être un excellent partenaire.

Isabelle Perrin.

Orangerie des jardins de Bagatelle. 24-V-2009, 15 heures. Saudade et tango. (1921-1992) : Deux tangos pour violon, violoncelle et piano ; Grand tango pour marimba et piano ; (1875-1937) : Pièce en forme de habañera pour violoncelle et piano ; diverses pièces d’Enrique Granados (1867-1916), (1876-1973), Agustin Barrios (1885-1944), Isaac Albeniz (1860-1909), (1876-1946), Sebastian de Iradier (1809-1865). , guitare ; Vassilena Serafimova, marimba ; , violoncelle ; Pierre Fouchenneret, violon ; Julien Gernay, piano.

Programme festif, coloré et rythmique pour un après-midi ensoleillé à Bagatelle ! Des ambiances espagnoles à l’Amérique du sud, quatre jeunes musiciens parrainés par le guitariste , ont égrené une succession de délicieuses courtes pièces pour le plus grand plaisir d’un public venu en nombre. On entendit bien sûr plusieurs pages de l’incontournable , dont les harmonies tour à tour déchirantes et sensuelles enflamment aisément un auditoire. Le jeune violoncelliste possède un son velouté, une technique assurée et de fort belles couleurs : des atouts qu’il met au service d’une interprétation réussie de la Pièce en forme de habañera de . Moins convaincant dans les pages pour piano d’Albeniz et De Falla, Julien Gernay ne maîtrise pas encore son côté «Père Tapedur», en particulier dans la Danse du feu… La plus étonnante surprise de ce concert vient du Grand tango de Piazzolla, pour piano et marimba : avec ses quatre maillets, Vassilena Serafimova, au marimba, nous a offert une séquence éblouissante tant sur le plan musical que sur le plan visuel. Instrument généralement relégué en fond d’orchestre (lorsqu’il est utilisé… ), le marimba a littéralement embrasé ce concert !

Alain Steghens

Orangerie des jardins de Bagatelle. 24-V-2009, 19 heures. Gabiel Fauré (1845-1924) : Elégie pour violoncelle et piano ; (1876-1946) : Suite espagnole pour violoncelle et piano. Eric Arzt, piano ; Jacob Shaw, violoncelle. (1855-1899) : Concert pour piano, violon et quatuor à cordes. , piano  ; Yun-Peng Zhao, violon  ; (Sarah Dayan, Cécile Roubin, Guillaume Becker et Julien Decoin).

Concert du plus haut niveau offert par des artistes jeunes, ardents, pleins de talent et rompus à la musique de chambre. Le plus étonnant de ces musiciens est sans doute Jacob Shaw, tenant, à 21 ans, les promesses de l’enfant prodige et déjà familier des festivals et grandes salles européennes. Beauté et force du son s’allient au service d’un phrasé intense où passe toute la mélancolie, si nécessaire dans l’Elégie de Fauré. Eric Artz, prix de Genève, entre autres, est maître des couleurs et des rythmes, sans jamais tomber dans les effets faciles. L’exécution du Concert de Chausson a enthousiasmé le public. La pianiste , marraine de la soirée, a conduit l’ensemble des cordes avec une sûreté exemplaire, sans jamais les couvrir, et son dialogue avec Yun-Peng Zhao, (violoniste remarqué en Chine par et déjà son partenaire dans le ), est inoubliable… Surtout dans le mouvement Grave, si proche des «climats» de .

Fondé en 2004, le est doté d’une belle homogénéité. A l’écoute des «solistes», ils ont répondu au piano et au violon avec une puissance quasi paroxystique, tout en sachant garder une sorte de grâce, de souplesse rythmique, voire de secrète humilité, qui laissait au rêve toute sa place. Un sommet, dans la douceur d’un soir de mai, propice à l’écoute de ces musiques.

Crédit photographique : © DR

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