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Concert exceptionnel avec Nathalie Stutzmann

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Nice, Opéra. 27-V-2009. Franz Schubert (1797-1828) : Gesang der Geister über Wassern. Johannes Brahms (1833-1897) : Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre op. 53. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 7 en la majeur op. 92. Nathalie Stutzmann, alto. Chœur de l’Opéra de Nice (chef de chœur : Giulio Magnanini). Orchestre Philharmonique de Nice. Direction, Marco Guidarini

Incontestablement le minutieux travail de Schubert, par cinq fois repris, méritait mieux, nettement mieux. Ce Chant des esprits sur les eaux, pourtant d’une puissance évocatrice éminemment romantique, pâtit de la faiblesse des ténors aux aigus difficiles et peu justes. S’il y eut globalement beaucoup de douceur dans le jeu et une belle finesse des cordes basses notamment sur leurs doubles croches, l’interprétation manquait d’unité entre l’orchestre et les chœurs. Plus regrettable toutefois, la grande homogénéité de nuances, d’autant plus dommageable qu’on attendait ici un peu de vie et de relief pour une œuvre aussi expressive et descriptive.

Platitude heureusement délaissée pour Brahms qui fut un moment certainement aussi émouvant que celui auquel assista Clara Schumann. Tout de suite, les basses par une magnifique introduction nous ont fait pénétrer au plus intime du drame amoureux qui inspira probablement Brahms. Si les nuances étaient réellement fades pour Schubert, elles prirent vie et donnèrent une extraordinaire respiration à l’ensemble de l’œuvre. Légère rupture toutefois avec l’entrée un peu frappée des flûtes. Rupture d’autant plus remarquable que le reste de l’orchestre semblait parfaitement s’enlacer et se donner vie mutuellement. Les notes issues les unes des autres portaient la grande finesse et douceur de l’ensemble du chœur. Un équilibre parfait servait à merveille Nathalie Stutzmann dont la voix claire et chaude nourrissait une ligne lyrique parfaitement maîtrisée pleine de vie et d’émotion.

Bien que par moments moins unifiée, la Symphonie n°7 de Beethoven fut aussi un moment très apprécié du public. Les trois premiers sforzandos furent d’emblée saisissants. Si les mouvements lents qui suivirent furent très beaux et très unis, les mouvements crescendos manquaient de puissance. La grande qualité habituelle de de contenir les forte, que bien des chefs exacerbent, desservit ici un peu l’œuvre. Une fois encore, les flûtes frappaient beaucoup trop leur entrée, tandis que par moments les bois étaient trop en dehors et les cuivres et timbales pas suffisamment intégrés. Finalement pour une œuvre dont la partition révèle une grande unité, les ruptures et changements apparaissaient comme des cassures presque mozartiennes, en tout cas trop brutales. Les ruptures sont si présentes que celles qui de fait sont faites pour surprendre, disparaissaient dans l’ensemble. La marche du second mouvement souffrit du même défaut de puissance contenue. Les accents des percutions et des cuivres, notamment, manquaient d’emphase, presque trop secs, comme écourtés. Le ritenuto avant la reprise pâtit de ce manque d’emphase, de ces notes écourtées ; trop court il précipita l’orchestre sur le tutti avant la reprise. C’est au contraire finesse et précision qui caractérisèrent le troisième mouvement, en dépit de trompettes beaucoup trop en dehors sur leurs tenues. Malgré tout l’unité de la partition ne fut pas totalement retranscrite par l’orchestre. Choix d’interprétation plus classique ? De fait le choix se discute, mais l’harmonie demeura tout de même bien en dehors, tandis que les contre temps restèrent assez pesants. Malgré une belle interprétation très vivante et enlevée, l’orchestre semblait comme engoncé, trop contenu, même dans la surprésence des trompettes sur les tuttis. Ces restrictions faites, cette symphonie enthousiasma à juste titre le public qui salua le chef par de nombreux rappels.

Crédit photographique : © Nicolas Buisson

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