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SaintGermainauMontd’Or, Domaine des Hautannes. 13-VI-2009. Frédéric Chopin (1810-1849) : 1ère Ballade en sol mineur op. 23 ; Impromptu n°1 en la bémol majeur op. 29 ; Impromptu n°2 en fa dièse majeur op. 36 ; Impromptu n°3 en sol bémol majeur op. 51 ; Impromptu n°4 en do dièse mineur. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour Arpeggione et piano en la mineur D821 ; Transcriptions de lieder pour piano et violoncelle (par Alexis Descharmes). Geoffroy Couteau, piano ; Alexis Descharmes, violoncelle

Les Pianissimes 2009

Grands noms et jeunes premiers : le festival «Les Pianissimes» a tenu toutes ses promesses pour sa quatrième édition avec un superbe programme autour des compositeurs romantiques.

Assister à l’enfance d’un festival, pour lequel on nourrit les plus beaux espoirs, est toujours un moment privilégié dans la vie d’un mélomane. A quelques encablures seulement de Lyon, dans le cadre enchanteur des Mont D’or, «Les Pianissimes» ont fêté leur quatrième anniversaire en compagnie d’invités de marque tels que Philippe Cassard, François Chaplin ou François-Frédéric Guy. Au total 10 concerts s’étalant sur deux week-ends, 22 artistes conviés dont quelques jeunes loups de la nouvelle génération (, Florian Noack, Romain Hervé) et un thème porteur comme nul autre, les «Grands Romantiques». Faisant la part belle à Brahms, Beethoven, Schubert, Chopin, Schumann, Liszt mais aussi Mendelssohn et Medtner, le programme était vraiment alléchant.

Alors que beaucoup de festivals ont perdu de leur magie, au profit d’une exigence de remplissage toujours insatiable et -pour certains- de l’allégeance aux diktats du star-système, il est rassurant de constater que de telles manifestations sont encore possibles aujourd’hui : proximité avec les artistes dans le joli théâtre de verdure des Hautannes, disponibilité de ces derniers pour signer les autographes, convivialité des organisateurs, simplicité du dispositif d’accueil… Une atmosphère tellement intimiste et chaleureuse qu’on se croirait presque revenu au temps des Schubertiades…

Concoctés par la jeune association Dièse (née en 2005 et comptant 300 membres), «Les Pianissimes» prennent -à l’évidence modèle- sur le festival de la Roque d’Anthéron, avec lequel il partage la dévotion aux pétrisseurs d’ivoire mais aussi la beauté du site (les concerts ont lieu à côté d’une maison bourgeoise du XVIIIème siècle). On notera ici la volonté tangible d’élargir le répertoire à la musique de chambre ce qui a permis à des formations telles que les quatuors Tercea et Leonis ou le Trio con Fuoco de rejoindre le piano sur scène. On a également pu entendre le talentueux violoncelliste et la soprano Oriane Moretti, pour un programme dédié à Robert et Clara Schumann (en collaboration avec Philippe Guilhon-Herbert).

Samedi soir, sous un ciel de rêve, (piano) et (violoncelle) proposaient un programme fort copieux. A cette générosité répondait l’incontestable engagement des deux jeunes musiciens en rien desservis par l’auvent acoustique installé pour l’occasion (grâce à une souscription!) et dont on pouvait à priori craindre le pire. Récemment plébiscité pour son enregistrement Brahms (grande réussite Intrada), Geoffroy Couteau a livré d’impeccables Chopin, virtuoses à souhait sans être clinquants. Remarquable de maîtrise, car déjà parée de l’ombre du désenchantement, la Ballade a révélé la maturité saisissante du jeune pianiste et son irréprochable musicalité.

Dans Schubert, il a pourtant semblé plus appliqué voire un peu poseur mais il n’est pas le premier à peiner à habiter les notes du compositeur. Schubert nous emmène toujours loin, très loin, notamment dans la Sonate pour Arpeggione et piano. Etreignante musique que l’on a connue sublimement joué par Rostropovitch et Britten dans la version Decca, hélas desservie ici par le violoncelle parfois imprécis et insuffisamment chantant d’Alexis Descharmes. On aura relevé çà et là quelques décalages piano violoncelle et les deux compères peinèrent à donner une unité au si délicat troisième mouvement. Le premier mouvement fut quant à lui superbe de lyrisme. D’une grande beauté sont apparues les transcriptions de lieder (An die musik toujours aussi magique même sans la voix!) avec un violoncelle en apesanteur, réellement inspiré et un piano plus appliqué mais à l’écoute.

Malgré les quelques réserves, ce fut une très jolie soirée pour un festival courageux qui, avec ses 1500 spectateurs, ses répétitions publiques et son enthousiasme communicatif devrait connaître un fort bel avenir. Vivement l’édition prochaine, sur le thème «Vent d’Est» : les zéphyrs se nommeront Cyprien Katsaris, Roger Muraro, Brigitte Engerer, David Guerrier et Ilia Rachkovski

Crédit photographique : Geoffroy Couteau © DR

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SaintGermainauMontd’Or, Domaine des Hautannes. 13-VI-2009. Frédéric Chopin (1810-1849) : 1ère Ballade en sol mineur op. 23 ; Impromptu n°1 en la bémol majeur op. 29 ; Impromptu n°2 en fa dièse majeur op. 36 ; Impromptu n°3 en sol bémol majeur op. 51 ; Impromptu n°4 en do dièse mineur. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour Arpeggione et piano en la mineur D821 ; Transcriptions de lieder pour piano et violoncelle (par Alexis Descharmes). Geoffroy Couteau, piano ; Alexis Descharmes, violoncelle

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