Haydn et la trompette d’Alison Balsom

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 17-VI-09. Franz Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 100 « Militaire » en sol majeur ; Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur Hob VIIe. 1. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Symphonie n° 3 « Écossaise » en la mineur op. 56. Alison Balsom, trompette. Orchestre de Paris, direction : Marek Janowski

Les percussions colorées de la Symphonie «Militaire» de Haydn évoquent la musique des janissaires. Cette symphonie qui ouvrait ce concert s’inscrit dans la vogue des turqueries du XVIIIe siècle, à laquelle ont sacrifié aussi Mozart et plus tard Weber. Les percussionnistes de l’ étaient donc à l’honneur ce soir, notamment à la fin de l’Allegretto qui fit résonner toute une «ferraille» turco-militaire, avec triangle, cymbales, grosse caisse et roulements de timbales. Les épisodes confiés aux vents, notamment aux flûtes dans l’aigu accompagnées des hautbois, étaient eux aussi évocateurs. Le parti pris de vitesse dans le choix des tempos était légitime, mais la symphonie a peut être perdu un peu de son caractère, s’inscrivant dans un entre-deux : ni complètement légère, ni complètement dramatique.

C’est avec que Haydn a été défendu dans toutes ses facettes. Des éclats héroïques aux mélodies chromatiques, des sections virtuoses aux passages plus doux et presque tendres, la trompettiste a brillamment interprété son Concerto, qui a été salué par une salve d’applaudissements mérités. L’instrument le veut ainsi : le soliste est assis au dessus d’un ample orchestre et domine la masse des autres instruments. Mais la présence d’ n’a jamais été écrasante et a su s’imposer tout en finesse. On a particulièrement apprécié le soin des phrasés, les intensions musicales délicates, la virtuosité des cadences et l’attention apportée aux respirations. La délicatesse a culminé dans un bis, original à la trompette : une transcription de Syrinx de Debussy.

Dans la deuxième partie du concert, a su donner une unité d’ensemble à la vaste fresque que constitue la Symphonie Écossaise de Mendelssohn. Les thèmes et les mouvements se sont enchaînés avec fluidité. Les inflexions populaires du Scherzo et les nombreuses tournures folkloriques ont été rendues avec grâce. La cohérence et l’homogénéité ont suscité l’enthousiasme du public, au point que Janowski a choisi de redonner un mouvement en bis – fait rare pour de la musique symphonique !

Crédit photographique : Alison Balsom © DR

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