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Le jardin des délices de Blanca Li : la Movida

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 26-VI-2009. Blanca Li : Le jardin des délices. Mise en scène et chorégraphie : Blanca Li. Film : Eve Ramboz, assistée de Claudio Cavallari. Vidéo : Charles Carcopino, assisté de Simon Frezel. Scénographie : Pierre Attrait, assisté d’Elizabeth Dallier. Lumières : Jacques Châtelet. Musique : Tao Gutiérrez. Costumes : Laurent Mercier et François Yapo. Perruques : Jean-Jacques Puchu. Sculptures corporelles : Tilmann Grawe. Danseurs : Blanca Li, Aurélie Cantin, Géraldine Fournier, Glyslein Lefever, Margalida Riera, Amin Benassa, Jéran-Géralt Dorseuil, Stéphane Lavallée, Rafa Linares, Sébastien Perraud, Yohann Tete. Piano : Jeff Cohen

s’inspire du tableau de Jérôme Bosch Le jardin des délices pour un cabaret contemporain, parodique et burlesque, qui n’est parfois pas exempt de mauvais goût.

Le dernier spectacle de illustre les deux facettes de la chorégraphe andalouse, installée en France depuis 1993. Le goût pour l’acrobatie et les immenses possibilités que les corps des danseurs peuvent offrir, à travers des sculptures corporelles (signées Tilmann Grawe) directement inspirées des figures monstrueuses du tableau de Jérôme Bosch, Le jardin des délices. Mais aussi l’attrait pour un cabaret contemporain, drôle et vulgaire, qui pointe avec une esthétique almodovarienne les travers et les vices de notre société contemporaine. Entre ces deux extrêmes, la pureté de la danse d’une part, et le premier degré un peu lourd des scènes de cabaret, Blanca Li ne choisit pas. Très concentrée dans les longs solos chorégraphiés qu’elle offre à ses danseurs, elle ne fait sans doute pas assez confiance à son talent et préfère se rassurer en intercalant pour chaque séquence une ambiance piano-bar, transgenre et un peu décalée.

La personnalité flamboyante de Blanca Li se prête à ce show déchaîné où elle incarne une meneuse de revue affublée d’une perruque blonde et d’un boa rose. Son regard caustique sur les dérives de nos contemporains – et leur comportement excessif avec les téléphones portables, les jeux d’argent, le bling-bling ou le sexe – est souvent drôle. Mais le spectacle est plus convaincant dans l’intensité des passages purement chorégraphiques, portés par le film d’animation d’Eve Ramboz sur le tableau de Jérôme Bosch. C’est un travail magnifique, où chacune des figures fantastiques du tableau s’anime et évolue dans une palette de couleurs exceptionnelle ! Les danseurs, en lingerie noire, endossent alors une partie du bestiaire imaginaire du peintre, formant par leurs encastrements des créatures étranges. Une vision onirique de la peinture, qui entraîne le spectateur dans un univers fantasmagorique et merveilleux.

Crédit photographique : © Ali Madhavi

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 26-VI-2009. Blanca Li : Le jardin des délices. Mise en scène et chorégraphie : Blanca Li. Film : Eve Ramboz, assistée de Claudio Cavallari. Vidéo : Charles Carcopino, assisté de Simon Frezel. Scénographie : Pierre Attrait, assisté d’Elizabeth Dallier. Lumières : Jacques Châtelet. Musique : Tao Gutiérrez. Costumes : Laurent Mercier et François Yapo. Perruques : Jean-Jacques Puchu. Sculptures corporelles : Tilmann Grawe. Danseurs : Blanca Li, Aurélie Cantin, Géraldine Fournier, Glyslein Lefever, Margalida Riera, Amin Benassa, Jéran-Géralt Dorseuil, Stéphane Lavallée, Rafa Linares, Sébastien Perraud, Yohann Tete. Piano : Jeff Cohen

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