Concerts, La Scène, Musique symphonique

Un Beethoven très fortement incarné

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Toulouse. Halle aux Grains. 26-VI-09. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°6 « Pastorale » en fa majeur op. 68 ; Symphonie n°3 «Héroïque » en mi bémol majeur op. 55. Orchestre National de France ; direction : Kurt Masur

Ce dernier concert de la prestigieuse série des grands interprètes a créé l’événement car il s’agissait de l’un des tous derniers donné par avec l’orchestre qu’il a dirigé comme chef principal de 2002 à l’an dernier. L’émotion était perceptible tant chez le chef de 82 ans que chez les musiciens de l’. Masur et Beethoven voilà un couple que les ans n’ont fait que solidifier, amalgamer en un indissociable maelström créant une force à laquelle nul ne veut ni ne peut résister. Qu’importe alors l’effectif gigantesque de l’orchestre avec huit contrebasses, qu’importe le poids d’un son plein et vigoureux. Les lectures subtilement romantiques sur instruments d’époque ne sont pas du même monde. Ici la figure patriarcale, à l’humanisme d’un Victor Hugo entraîne, plus qu’elle n’impose. C’est cela le charisme de .

Dirigeant par cœur, avec une économie de gestes mais une grande précision, le chef allemand semble connaître chaque recoin de partitions qu’il a interprétées avec les plus grands orchestres du monde. Tout est impeccablement construit jusqu’au plus petit contre-chant. La lisibilité est son credo au sein d’un son généreux, de tempi modérés et d’une certaine sagesse jusque dans les moments orageux (Symphonie n°6) ou dramatiques (Symphonie n°3). Mais la force ne domine pas tout du long. Ainsi la fraîcheur de la scène au bord du ruisseau et le drame intime de la marche funèbre sont des moments particulièrement réussis. Le soyeux des violons pianissimo avec sourdine est d’une grande délicatesse dans la marche funèbre de l’opus 55. L’Orchestre National de France extrêmement engagé, se montre particulièrement à l’aise tout le long de la soirée. Les interventions du hautbois de sont d’une telle délicatesse qu’ils ont représenté un trésor de subtilité musicale.

Le public très attentif, conscient de la valeur historique de ce moment musical intense, a ovationné ce grand chef avec ferveur ainsi que ce magnifique orchestre. Une très belle soirée qui a tenu ses promesses car le concert, très attendu était annoncé complet.

Crédit photographique : © Sasha Gusov

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Toulouse. Halle aux Grains. 26-VI-09. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°6 « Pastorale » en fa majeur op. 68 ; Symphonie n°3 «Héroïque » en mi bémol majeur op. 55. Orchestre National de France ; direction : Kurt Masur

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