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Alisa Weilerstein, impressionnante maturité d’une jeune prodige du violoncelle

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Saint-Denis, Légion d’Honneur-Bibliothèque, 01-VII-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 1 pour violoncelle et piano en mi mineur op. 38 ; Benjamin Britten (1913-1976) : Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur op. 65 ; Osvaldo Golijov (né en 1960) : Omaramor pour violoncelle solo ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 65. Alisa Weilerstein, violoncelle ; Inon Barnatan, piano

Festival de Saint-Denis 2009

, jeune violoncelliste de 26 ans à peine, est encore peu connue en France, mais c’est un prodige incontestable. Outre-Atlantique, elle a déjà joué avec les plus grands orchestres : New York Philharmonic, Boston Symphony Orchestra, Cleveland Orchestra, Chicago Symphony Orchestra…, sans compter son premier concert à 12 ans, avec le New York Symphony Orchestra au Carnegie Hall. Diplômée du «Young Artist Program» du Cleveland Institute of Music, elle est régulièrement invitée aux plus grands festivals, comme Aspen et Verbier, pour ne citer que les plus connus.

En effet, son interprétation époustouflante est tout à fait digne de ces grands noms de la musique classique. Dès le premier coup d’archet, elle incarne entièrement la musique qu’elle exécute, grâce à une étonnante concentration, et fascine ainsi tout le public. Tout au long du concert, on remarque deux éléments majeurs dans son jeu : un formidable éventail de sonorités et de timbres, ainsi qu’une surprenante technique, le tout dans une incroyable maturité. Un programme intelligent ― deux œuvres contemporaines encadrées par deux sonates de la période romantique ― rend ces caractéristiques encore plus évidentes.

Dans les sonates de Brahms et de Chopin, elle exprime les traits les plus romantiques (tourments intérieurs, rêverie éphémère, souffrances et joies de l’amour…), avec une profonde sensibilité et à travers une résonance riche et ample, alors qu’elle sait se montrer plus détachée pour affirmer la modernité de Britten. Dans Elegia, très beau mouvement central de la Sonate du compositeur britannique (1961) dédiée à Mstislav Rostropovitch, Weilerstein joue avec un timbre complètement différent, plus brut et sec, par rapport au Largo de Chopin, alors que le caractère lyrique des deux morceaux est assez similaire. Elle fait ainsi preuve d’un admirable sens stylistique. Omaramor (1991) d’, compositeur argentin originaire d’Europe de l’Est, est un hommage au tango argentin. Après une première partie lente et quelque peu mélancolique, notre jeune virtuose entraîne le public dans un rythme frénétiquement passionné qui évoque le tango, montrant ainsi une autre facette de son immense talent. C’est indéniable, on est en présence de l’une des plus grands interprètes de sa génération.

Son accompagnateur Inon Bartanan, fin musicien et grand virtuose, est en parfaite osmose avec sa partenaire. Parfaitement synchronisé avec le violoncelle et sans le moindre accroc, il constitue avec un duo «de rêve».

Crédit photographique : Alisa Weilerstein © Sébastien Chambert – Festival de Saint-Denis

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Saint-Denis, Légion d’Honneur-Bibliothèque, 01-VII-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n° 1 pour violoncelle et piano en mi mineur op. 38 ; Benjamin Britten (1913-1976) : Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur op. 65 ; Osvaldo Golijov (né en 1960) : Omaramor pour violoncelle solo ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 65. Alisa Weilerstein, violoncelle ; Inon Barnatan, piano

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