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Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence. 05-VII-2009. Béla Bartók (1881-1945) : Musique pour cordes, percussions et célesta. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour la main gauche en ré majeur. Pierre Boulez (né en 1925) : Notations I-VII-IV-III-II pour piano ; Notations I-VII-IV-III-II pour orchestre. Pierre-Laurent Aimard, piano. Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Pierre Boulez.

Une phalange exceptionnelle, un chef et un soliste habitués à travailler ensemble… Tout était réuni ce soir au Festival d’Aix-en-Provence pour un concert magistral. L’ entame son ultime année de résidence aixoise. Chaque concert a été bien sur un événement (Bartók / Schœnberg / Webern / Berg par en 2007, Haydn par Simon Rattle en 2008, plus les quatre épisodes du Ring des Nibelungen), celui-ci ne fit pas exception.

L’homogénéité des cordes frappe d’emblée sur la très arachnéenne introduction de la Musique pour cordes, percussions et célesta. bien sur fait du Boulez : gestique sobre, tempos retenus, lecture analytique. La polyphonie dense de Bartók est d’une lisibilité parfaite, chaque détail de la partition est mis en évidence. Il en est de même dans Ravel, dont l’orchestration du Concerto pour la main gauche regorge de mille et une subtilités, qui forcément ressortent avec un tel chef et un tel orchestre. est en symbiose avec ce discours qui frôle la perfection : netteté des attaques et des plans sonores, homogénéité du son, richesse des couleurs. Et le concert était loin d’être fini.

Le pianiste, plutôt qu’un banal bis, a préféré gratifier le public d’un «complément de programme» non prévu : les versions originales des cinq Notations pour piano avant l’audition des versions orchestrales. L’occasion de constater les évolutions et changements d’une même œuvre, ce work in progress si cher à Boulez. Au piano, nous entendons dans ces cinq extraits de ce recueil de jeunesse (le compositeur n’avait que 20 ans) les influences de Bartók, Webern et Messiaen. Les extensions orchestrales – plus que des orchestrations -, faites en 1980 accentuent la filiation avec Messiaen mais font ouvertement penser à Varèse (Notation II) et Berg (Notation VII, plus tardive, adaptée en 1997). Evidemment l’Orchestre Philharmonique de Berlin se surpasse dans un répertoire qui ne lui est pas habituel mais qu’il maîtrise parfaitement. Le public, comblé, s’est vu resservir une Notation II pour la digestion.

Crédit photographique : Pierre Boulez © Elisabeth Carecchio

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Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence. 05-VII-2009. Béla Bartók (1881-1945) : Musique pour cordes, percussions et célesta. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour la main gauche en ré majeur. Pierre Boulez (né en 1925) : Notations I-VII-IV-III-II pour piano ; Notations I-VII-IV-III-II pour orchestre. Pierre-Laurent Aimard, piano. Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Pierre Boulez.

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