Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

L’art vocal en son sommet : avis aux directeurs d’opéras !

Plus de détails

Lagraulet. Eglise. 19-VII-2009. Airs, duos et ensembles extraits d’opéras de : Gioaccino Rossini (1792-1868) ; Gaetano Donizetti (1797-1848) ; Jules Massenet (1842-1912) ; Charles Gounod (1818-1893) ; Richard Wagner (1813-1883) ; Georges Bizet ( 1838-1875) ; Piotr Illich Tchaikovski (1840-1893) ; Giacomo Puccini (1858-1924 ) ; Richard Strauss (1864-1949) ; Sylvia Sass, Rie Hamada, sopranos ; Caroline Petit, mezzo-soprano ; Jean-François Borras, ténor ; François Lis, basse ; Eloise Urbain, piano. Présentateur : Marc Laborde

Festival de Lagraulet 2009

L’insaisissable , qui fit une carrière aussi brillante que controversée, a créé une grande impression en débutant ce récital lyrique. Habitée par la scène, ne pouvant s’empêcher de vivre avec tout son corps chaque note de musique, elle a, en trois airs, prouvé combien un tel tempérament ne peut changer. La voix est certes très assombrie mais garde ses couleurs cuivrées, une fermeté de structure sur tout l’ambitus et un vibrato bien mieux contrôlé qu’à une époque de surmenage. La palette de couleurs est très large et les nuances également. Les aigus sont tous maîtrisés et les sons pianos sont d’une grande beauté. La voix reste inclassable. Si l’air des lettres de Charlotte est assez prévisible pour une voix de soprano corsée au médium sonore, son interprétation très extériorisée théâtralement n’est pas totalement convaincante même si toute la tessiture convient parfaitement à l’état vocal actuel. L’Habanera de Carmen est aussi attendue car sopranos et mezzos se sont accaparées ce rôle à tous les stades de leur carrière. Une belle souplesse de ligne, des nuances intéressantes et un jeu très sensuel rendent le personnage crédible. Pourtant, et c’est une vraie surprise, c’est dans le rêve d’Elsa que la cantatrice, décidément inclassable, convainc totalement. La voix sonne jeune, homogène et les nuances sont très agréables sur toute la tessiture. Son Elsa a de la force et semble croire à tout ce qu’elle évoque au point de convoquer des images pour l’auditeur. reste imprévisible pour le plus grand bonheur du public. Il a fallu ensuite tout le charme, le timbre ensoleillé et l’aigu ravageur en sa facilité de pour accroître intensément la jouissance de l’amateur de voix. Son air de Rodolphe porte en lui une puissance d’évidence irrésistible. La voix en un an, car il était à Lagraulet l’été dernier, a gagné en souplesse, en puissance et en facilité. Les notes aigues ont une beauté intrinsèque peu commune. La diction est aisée et l’acteur sincère est crédible. Sa Mimi, Rie Amada, a une voix fruitée et même un peu corsée ce qui lui permet de camper un personnage engagé. Leur duo de fin de l’acte I est un véritable festival de beauté vocale, de diction parfaite et de jeux sincères. , avec l’air de la Calomnie, a ensuite mis le public dans sa poche en raison d’un timbre somptueux, d’une diction véloce et d’une très belle science des nuances. Le duo de la rencontre de l’Italienne à Alger lui a permis de démontrer son esprit, son sens du théâtre et la perfection des vocalises. De l’Italienne rouée, Caroline Petit a toutes les qualités requises : un timbre profond et sensuel, des vocalises parfaitement en place et un tempérament de feu. La suite du récital ira explorer tout le répertoire avec le même bonheur. , avec un art de l’accompagnement proche de l’idéal, confirme sa fine musicalité alliée à une virtuosité enviable.

Quand on sait que est distribué en Allemagne et en Autriche dans des rôles de tout premier plan, on ne comprend pas pourquoi la France le méconnaît. Sa diction est excellente et tout particulièrement en français avec dans Werther, un air d’Ossian d’anthologie. Tout y est, la ligne, le sens du texte, la délicatesse des nuances et la beauté du timbre. Il a tout pour devenir un Faust idiomatique et solaire à la fois. est distribué en France avec succès (Hippolyte et Aricie à Toulouse). Il semble au devant d’une grande carrière dans laquelle Rossini devrait bientôt faire merveille. Rie Amada est étonnement peu distribuée alors que ses qualités vocales et de diction sont grandes. Elle aussi a une diction française parfaite dans un air des bijoux fabuleux. Caroline Petit peut prétendre à de bien grands rôles de mezzo avec ce timbre et cet abattage. En finissant le concert sur un trio final de Faust puissant et irrésistible, l’ovation du public s’est faite debout dans un élan d’enthousiasme chaleureux. Une nouvelle fois et plus intensément que jamais l’opéra était en fête à Lagraulet pour terminer en beauté les journées musicales 2009.

Crédit photographique : photo © DR

Plus de détails

Lagraulet. Eglise. 19-VII-2009. Airs, duos et ensembles extraits d’opéras de : Gioaccino Rossini (1792-1868) ; Gaetano Donizetti (1797-1848) ; Jules Massenet (1842-1912) ; Charles Gounod (1818-1893) ; Richard Wagner (1813-1883) ; Georges Bizet ( 1838-1875) ; Piotr Illich Tchaikovski (1840-1893) ; Giacomo Puccini (1858-1924 ) ; Richard Strauss (1864-1949) ; Sylvia Sass, Rie Hamada, sopranos ; Caroline Petit, mezzo-soprano ; Jean-François Borras, ténor ; François Lis, basse ; Eloise Urbain, piano. Présentateur : Marc Laborde

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.