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Paris. Archives Nationales. 21-VII-2009. Joseph Haydn (1732- 1809) : Trio n°39 en sol Majeur Hob. VX. 25 dit « Gipsy trio » ; Thierry Escaich (né en 1965) : Lettres mêlées ; Franz Schubert (1797- 1828) : Trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D. 929. Trio Dali : Amandine Savary, piano ; Vineta Sareika, violon ; Christian-Pierre Lamarca, violoncelle.

Festival Jeunes Talents

On est presque étonné d’entendre le ici, dans cette salle des Archives Nationales – histoire d’éviter la météo du pire – assaillie par les habitués ou mélomanes de passage. Au festival Jeunes Talents, ce rendez-vous incontournable et nécessaire sans lequel la vie musicale parisienne stagnerait ferme pendant l’été. Cette humble scène tremplin pour solistes en quête d’avenir, alors que ces trois là en ont déjà un, d’avenir. Pas de doute. Avec en poche quelques concours internationaux (une prochaine tournée au Japon), un premier disque Ravel adoubé par la critique et l’intelligence au bouts des doigts.

Étonné par la prestance et la maturité de ce jeune trio qui se donne sans compter à un public qui mesure sa chance. On les connaissait dans Ravel, maniant finesses et couleurs d’une main très sure et jamais Haydn, Escaich ou même Schubert ne nous déçoivent. De ce programme éclectique, on ne perd pas une miette : chaque phrase apporte sa pierre, chaque variation de caractère devient terrain de jeu ou d’expérimentation. Le détail n’est jamais préféré à la construction mais une note, une seule, peut faire s’ouvrir un monde (divin Poco Agitato du trio de Haydn).

Ils peuvent vous prendre aux tripes, bouleversants de suavité, débordants d’esprit ou ivres de rythme mais ils ne céderont jamais à la tentation du chaos ou du morcellement : les plans, les phrasés, la dynamique sont minutieusement équilibrés, cohérents et vécus sur la même longueur d’onde. Seul Schubert n’aura peut-être pas bénéficié de tous les atouts : un équilibre sonore et stylistique moins efficace, le piano paraissant plus en retrait, presque effacé sinon ostracisé dans son legato par le mordant des cordes. Cependant, cette faille ne lui en a supprimé ni le souffle, ni l’élégance.

Mais, trêve de technicité. Ces jeunes-là rêvent en musique et apportent ce qu’il faut d’exigence, de fraîcheur et d’authenticité pour que, bientôt, on se les arrache.

Crédit photographique : © Julien Mignot

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Paris. Archives Nationales. 21-VII-2009. Joseph Haydn (1732- 1809) : Trio n°39 en sol Majeur Hob. VX. 25 dit « Gipsy trio » ; Thierry Escaich (né en 1965) : Lettres mêlées ; Franz Schubert (1797- 1828) : Trio n°2 en mi bémol majeur op. 100 D. 929. Trio Dali : Amandine Savary, piano ; Vineta Sareika, violon ; Christian-Pierre Lamarca, violoncelle.

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