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Musiques de guerre, partie I

À emporter, Actus Prod, CD, Musique symphonique

Vladimir Scherbachov (1889-1952) : Symphonie n°5 ; The Tobacco Captain (suite). Orchestre symphonique d’Etat de Saint-Pétersbourg, direction : Alexander Titov. 1 CD Northern Flowers NF.PMA 9970. Code barre : 4 6007053 328714. Enregistré septembre 2008 à Saint Petersbourg. Notice de présentation bilingue (russe et anglais). Durée : 63’49

 

Dans le concert mondial des labels, le label russe Northern Flowers innove et initie une série consacrée aux musiques composées en URSS pendant la Grande guerre patriotique (1941-1945). En effet, des partitions comme la Symphonie n°7 «Leningrad» de Chostakovitch ou la Symphonie n°5 de Prokofiev, masquent un très grand nombre de réalisations de compositeurs connus comme Nikolaï Miaskovsky ou peu connus à l’image de Gavril Popov ou . Tous ces disques symphoniques sont enregistrés par l’Orchestre d’Etat de Saint-Petersbourg, une valeureuse formation fondée en 1967 et dirigée par son chef, . Au programme de cette première fournée: Miaskovsky et Scherbachov.

nflowers_miaskowski2-150x150 (1881-1950): Symphonie n°22 op.54; Symphonie n°23 op.56 ; Symphonie n°24 op.63; Symphonie n°25 op.69. Orchestre d’Etat de Saint-Petersbourg, direction : . 2 CD Northern Flowers NF.PMA 9971 et NF.PMA 997166. Code barre: 4 6007053 328877 et 4 6007053 328721 . Enregistré en juin 2008 à Saint Petersbourg. Notice de présentation bilingue (russe et anglais). Durée: 69’21 et 76’15

En dépit de l’action du chef d’orchestre Evgueni Svetlanov qui en enregistra une intégrale, l’œuvre de Miaskovsky reste encore un terrain à défricher. Alors qu’Hitler déclenche l’opération Barberousse contre l’URSS, le compositeur jouit d’une belle reconnaissance internationale. Sa Symphonie n°21, commande de l’Orchestre de Chicago à l’occasion de ses cinquante ans, est récompensée d’un Prix Staline en 1941. Le 8 août 1941, Miaskovsky, Prokofiev et d’autres compositeurs sont évacués et transférés dans une région de l’Oural. Ils y découvrent un folklore musical qui les enthousiasme. Le compositeur y écrivit ses Symphonies n°22 et n°23. Si la première est directement inspirée de la guerre (ce fut d’ailleurs la première partition soviétique composée en temps de guerre), la seconde est tirée du folklore de cette région, en utilise dix mélodies. La Symphonie n°24 est un double hommage à son ami l’éditeur et chef d’orchestre Vladimir Derjanovski et à Serge Rachmaninov, tous les deux décédés en 1943. La Symphonie n°25, composée après la fin des hostilités est une alternance de séquences lentes et méditatives. Cette partition fut peu goutée par la critique et les officiels qui attendaient une célébration triomphaliste de la victoire et qui furent perdus par ce langage plutôt décanté. Ces partitions se situent indéniablement dans la grande filiation russe du groupe des Cinq, surtout dans l’orchestration, mais la beauté de certains climats et de certaines mélodies butent encore sur un langage musical noir et tendu qui peine encore à convaincre les auditoires.

Alexander Titov mène ses troupes avec probité tout en restant parfois trop sage et analytique. La référence dans ces œuvres reste évidemment Svetlanov dont l’intégrale a été récemment remise en coffret par Warner. Mais pour ceux qui ne souhaitent pas investir dans cette somme, ces disques sont une porte d’entrée sans faute de goût.

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