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Vézelay. Basilique Sainte-Madeleine. 22-VIII-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Israel in Egypt HWV 54. Oratorio en deux parties sur des textes du livre de l’Exode et de psaumes compilés par Charles Jennens. Katherine Fuge, Siri Karoline Thornhill, sopranos ; Andrew Radley, alto ; James Oxley, ténor ; Peter Harvey, Ekhehard Abele, basses. Chœur Arsys-Bourgogne, Orchestre Baroque de Séville. Direction : Pierre Cao

pierre_cao2_09-300x450Rencontres musicales de Vézelay

Pour cette troisième soirée destinée à fêter les 10 ans des Rencontres Musicales de Vézelay et du chœur , Haendel est de nouveau à l’honneur, avec un troisième oratorio. Ainsi fait exceptionnel nous aurons pu entendre sur trois jours, trois œuvres majeures de ce compositeur dans ce genre si spécifique dont il fit les heures de gloire et voir ainsi l’évolution personnelle de ce dernier.

Israel in Egypt a conquis mais non sans difficulté, du à l’acoustique terriblement capricieuse de l’édifice millénaire, un public venu nombreux des quatre coins d’Europe. Ici pas des pèlerins sur le chemin de Compostelle, mais des mélomanes en quête d’une révélation, celle de la flamboyance du chœur.

, a donc offert à ses compagnons de route d’Arsys Bourgogne pour fêter dignement leur anniversaire, de chanter l’un des oratorios les plus imposants en matière d’effectifs mais aussi l’un des plus brillants chefs d’œuvre du chant choral.

Composé de deux parties, « l’Exode » et le « Cantique de Moïse », Israel in Egypt est chanté en double chœur. L’oratorio s’articule autour d’une trentaine de pièces chantées par ce dernier. Il décrit tout d’abord de manière très figurative les sept plaies d’Egypte. Elles permettent au peuple d’Israël de quitter ce pays qui les retient en esclavage. Une fois libéré, ce peuple chante alors la gloire de son Dieu.

porte le jeune Orchestre Baroque de Séville dont l’enthousiasme ne fait aucun doute. Mais les cordes ont eu du mal à trouver la respiration qui serait si nécessaire pour donner un souffle épique à l’œuvre. Seuls les cuivres et les hautbois parviennent à donner un peu de couleurs à cet orchestre encore jeune et curieusement plus proche d’une interprétation romantique que baroque.

C’est Pierre Cao et Arsys Bourgogne qui ont porté cet orchestre et l’œuvre jusqu’à la gloire finale. Ce chœur à la une clarté éloquente, à la une mise en place parfaitement équilibrée possède une grande somptuosité de couleurs permettant de créer une grande variété de climats sur chacun des chœurs. Tous les pupitres sont d’une beauté confondante. Des basses à la profondeur douloureuse ou menaçante, des sopranos à la clarté divine… tous fonctionnent en une osmose parfaite, faisant vivre le drame du peuple d’Israël puis sa libération et sa découverte de la beauté du divin.

Des solistes dont les interventions sont extrêmement brèves on retiendra en particulier celles du ténor James Oxley à la rhétorique tragique et expressive se présentant à nous comme au théâtre en ayant appris son rôle. Il est ainsi un récitant convainquant. Les basses et Ekhehard Abele, forment un duo redoutable d’expressivité guerrière dans « The lord is a man of war… ». La maîtrise de l’éloquence de la langue anglaise est d’ailleurs à souligner aussi bien pour le chœur que pour les solistes.

Pierre Cao dont la direction est économe et sans gestes superflu apporte à cette lecture d’Israel in Egypt un souffle épique et une lumière sublime. Cette production va retrouver dans sa tournée en France et en Europe le Concerto Köln. Ainsi il est probable que le triomphe du chœur sera porté par un ensemble plus à même d’affronter la nécessaire maturité dont on ne peut vouloir à l’Ensemble Baroque de Séville d’avoir manqué pour affronter le long chemin de rédemption que porte en soi cette œuvre.

Ce soir le public ne s’y est pas trompé, et l’ovation finale a exprimé la grande gratitude de ce dernier à Pierre Cao pour avoir su conduire à cette catharsis, libératrice des affects et révélatrice de la spiritualité de l’art vocal.

Crédit photographique : Pierre Cao © Sébastien Boulard

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Vézelay. Basilique Sainte-Madeleine. 22-VIII-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Israel in Egypt HWV 54. Oratorio en deux parties sur des textes du livre de l’Exode et de psaumes compilés par Charles Jennens. Katherine Fuge, Siri Karoline Thornhill, sopranos ; Andrew Radley, alto ; James Oxley, ténor ; Peter Harvey, Ekhehard Abele, basses. Chœur Arsys-Bourgogne, Orchestre Baroque de Séville. Direction : Pierre Cao

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