« Ces doux fruits de l’amandier »

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Meslay du Maine. Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul. 26-VIII-2009. Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : I Penitenti al Sepolcro del Redentor ZWV63. Oratorio en 13 scènes sur le livret de Stefano Benedetto Pallavicini. Mariana Rewerski, Maddalena ; Erik Stoklossa, Davidde ; Tobias Berndt, Pietro. Collegium Vocale 1704 ; Collegium 1704 ; direction : Vaclav Luks

Festival de Sablé-sur-Sarthe 2009

Après avoir sorti en 2007 pour le festival de Sablé, sous le label Zig-Zag Territoires La Missa Motiva ZWV18, Vaclav Luks et le poursuivent avec les mêmes partenaires leur redécouverte d’un compositeur peu connu du public français et au combien mystérieux, . L’œuvre proposée au festivalier cette année, est un oratorio I Penitenti al Sepolchro del Redentore. La sortie du CD était prévue le jour du concert, lui-même retransmis en direct sur France Musique.

On sait peu de chose sur ce compositeur polonais qui changea de prénom qui de Jan Lukas devint Jan Dismas (nom du pêcheur crucifié à la droite du Christ). Il ne nous a laissé aucun écrit direct, en dehors de l’édition de ses œuvres, ni portrait. Il servit à la cour de Dresde mais n’obtint jamais la direction de l’orchestre du Prince Electeur alors qu’il en était le compositeur le plus généreux. L’oratorio que nous propose ici l’ensemble baroque tchèque, fut créé en 1736 à l’occasion de la semaine sainte. L’apôtre Pierre, le roi David et Marie Madeleine se retrouvent autour du tombeau de Jésus-Christ et méditent sur le sens à donner à ce sacrifice.

L’orchestre et les chœurs de Zelenka offrent de belles nuances à ses interprètes. Toutefois, un placement légèrement décentré ne nous a pas permis d’en entendre parfaitement les basses. Mais l’orchestre sait rendre sous la direction extrêmement précise et souple de Vaclav Luks, l’expressivité du compositeur, en particulier dans la Sinfonia d’ouverture. Les cordes ont par la suite su évoquer l’auto flagellation de Pierre prenant conscience de sa trahison et dans l’air final de David par des nuances subtiles nous ont progressivement emportées vers la Rédemption. Pierre interprété par la basse Tobias Berndt, offre une vision doloriste, sombre de l’âme humaine en quête du pardon. Le roi David d’Erik Stoklossa est un récitant vengeur et pourtant aimant. Le ténor donne à son personnage de belles nuances faites des lumières de l’espérance. Si possède un beau phrasé, elle est un peu trop hiératique, pas assez sensuelle pour être une modeste pécheresse. Le chœur n’intervient que dans le final au côté du ténor puis dans le bis. Il est un appel à la clémence de dieu sur un monde où règnent la souffrance et le doute. Les dissonances des basses expriment toutes les douleurs de la vie sur terre et les notes harmonieuses des sopranos sont les voix des anges libérant l’âme de la vanité pour la mener sur les voies célestes.

Vaclav Luks et le ont proposé une interprétation de cet oratorio dont le chœur a capella du bis est le reflet intimiste, reflétant les tourments du mal qui nous ronge. Peut-être moins impressionnant que la Missa Motiva cet oratorio a bénéficié d’applaudissements fournis. Le public a su remercier les interprètes pour la générosité de leur engagement.

Crédit photographique : Vaclav Luks et Collegium 1704 © DR

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.