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L’art de la transcription du motet à l’orgue entre renaissance et baroque

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Michael Praetorius (1572-1621) : Danses de Terpsichore ; Nunfreut euch, lieben Christen g’mein ; Nun bitten wir den heiligen Geist ; O lux beata Trinitas ; Zu dir, von Herzensgrunde ; Wir glauben all an einen Gott ; Allein Gott en der höh sei ehr. William Dongois cornet à bouquin ; Christian Wegmann ténor ; Jean-Charles Ablitzer à l’orgue historique Esaias Compenius (1610) de la chapelle du château de Frederiksborg (Danemark). 1 CD Musique et Mémoire MMP 080901. Code barre inexistant. Enregistré en septembre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand) très documenté en textes et photos. Durée totale : 69’48’’

 

Une nouvelle fois, l’organiste crée l’évènement en nous faisant découvrir une musique inédite, constituée de transcriptions de motets de , grand compositeur allemand de la fin de la renaissance. Pratique courante à l’époque où l’orgue constituait en lui-même un deuxième chœur, d’où une écriture très proche entre voix et clavier. De plus le choix de l’orgue de Frederiksborg est sans doute le meilleur, dans l’état actuel des disponibilités en attendant la résurrection programmée de l’orgue de Praetorius sous la houlette de lui-même. Déjà enregistré par le passé par Francis Chapelet ou Harald Vogel, cet orgue entièrement constitué d’une tuyauterie en bois depuis les tuyaux graves de 16 pieds de la régale manuelle, jusqu’au dernier tuyau aigu de la cymbale. Il représente le plus beau témoin d’un orgue de la renaissance dans le nord de l’Europe. Sonorités uniques, rudes et chatoyantes à la fois, reconnaissables entre mille. Le décor est bien dressé pour satisfaire une musique venue d’un autre âge : le cornet à bouquin de William Dongois vient en contrepoint orner telle danse ou tel cantus, profane et sacré se mêlant sans états d’âme, affirmant haut et fort une expression musicale puissante. La voix aussi trouve logiquement sa place dans les chorals chantés ici avec noblesse par Christian Wegmann.

Ce qui est magique dans cette musique, c’est à la fois sa complexité d’écriture, savante au plus haut point, et ses capacités de nous toucher immédiatement par son discours basé, rehaussé par les jeux colorés de l’orgue, touché en mains de maître et de spécialiste par Jean-Charles Ablitzer. Ce disque nous offre un panorama juste de l’univers de Praetorius, et complète agréablement le précédent consacré au même auteur et réalisé sur un autre orgue historique célèbre, celui de Tangermünde (Alpha 114). La prise de son restitue fidèlement l’acoustique de la grande chapelle du château, dans cette alternance des célèbres danses du ballet de Terpsichore et des motets retrouvés.

Comme toujours avec cet organiste et ses amis musiciens, le disque est fait œuvre d’art. Bravo et merci pour cette découverte de taille !

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Michael Praetorius (1572-1621) : Danses de Terpsichore ; Nunfreut euch, lieben Christen g’mein ; Nun bitten wir den heiligen Geist ; O lux beata Trinitas ; Zu dir, von Herzensgrunde ; Wir glauben all an einen Gott ; Allein Gott en der höh sei ehr. William Dongois cornet à bouquin ; Christian Wegmann ténor ; Jean-Charles Ablitzer à l’orgue historique Esaias Compenius (1610) de la chapelle du château de Frederiksborg (Danemark). 1 CD Musique et Mémoire MMP 080901. Code barre inexistant. Enregistré en septembre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand) très documenté en textes et photos. Durée totale : 69’48’’

 
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