Ludolf Nielsen (1876-1939) – le dernier des romantiques danois

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Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

Disparu en 1939, appartient au groupe des compositeurs danois qui luttent en ordre dispersé mais permanent contre l’emprise croissante de Carl Nielsen en tentant de trouver le succès avec des partitions dites romantiques tardives (et non post-romantiques). Largement influencé par les compositeurs germaniques, dans une certaine mesure aussi par la musique française impressionniste et ses avancées esthétiques, il demeure fidèle au romantisme dont il est un des derniers représentants authentiques en Scandinavie. Son catalogue tombe sans délai dans un oubli presque total pendant de longues décennies pour ne retrouver une certaine notoriété qu’à partir des années 1980 grâce à un regain d’intérêt pour tout ce répertoire romantique et post-romantique par trop négligé. Et ce par le biais, principalement, d’une politique d’enregistrement discographique osée et passionnante.

vient au monde le 29 janvier 1876 dans la bourgade de Nørre Tvede, sur l’île de Sjælland, au Danemark, dans une famille qui ne compte aucun musicien et qui n’est pas parente avec le fameux Carl August Nielsen de onze ans plus âgé. Ses parents sont des fermiers.

Très tôt dans son existence il aborde la musique, pratique le violon et reçoit pendant quelques années l’enseignement et les conseils privés de modestes violoneux. Dès l’âge de huit ans il joue à l’occasion pour des réunions villageoises, des festivals, des bals et des mariages de la région tout en recevant un enseignement plus formel d’un professeur reconnu de la grande ville voisine de Naestved. Tenaillé par l’envie de devenir musicien professionnel, l’adolescent s’installe à seize ans à Copenhague. Deux de ses frères l’accompagnent et étudient aussi. En 1895, à dix neuf ans, il réussit un concours qui va changer le cours des évènements. Ce succès lui permet d’obtenir une bourse d’entrée et donc l’inscription gratuite au Conservatoire royal de musique de la capitale.

Il reçoit avec délectation le savoir des illustres et recherchés d’illustres pédagogues, Tofte pour le violon, Orth pour le piano, Bondesen pour l’harmonie, Otto Malling et Johan Peter Emilius Hartman pour la théorie musicale. Tous appartiennent au meilleur du monde musical, qui est presque exclusivement concentré dans la capitale. Cet enseignement se déroule pendant trois années soit entre 1896 et 1898. Sa priorité de devenir instrumentiste – il jouera son seulement du violon et de l’alto mais également de la viole d’amour – demeure intacte mais il commence malgré tout à composer au cours de cette période, celle de sa vingtième année. Toutefois il ne reçoit pas de formation théorique dans le registre de la composition. Le voilà saisi par une frénésie de composition à partir de 1897. Avant cette date on ne connaît de lui que deux petites et modestes pièces pour violon.

La chance continue de lui sourire : l’Orchestre du Tivoli, qui était l’orchestre philharmonique de Copenhague, l’engage comme altiste, en 1897 exactement. Sans tarder, stimulé et confiant, il fonde aussi un quatuor à cordes au sein duquel il assure la partie d’alto, alto qui devient son instrument principal. Son poste au sein de l’Orchestre du Tivoli, lui offre une riche confrontation avec le maniement de l’orchestre et la découverte de tout un répertoire européen enthousiasmant. C’est ainsi qu’il aborde et médite une technique de l’orchestration qui marquera sa propre manière de composer, non sans raffinement, pour l’orchestre. Cette formation se produit l’été dans la salle de concert du parc d’attraction du Tivoli et donne des concerts symphoniques dans diverses salles de la ville pendant l’hiver.

Pour la première fois, en 1899, plusieurs de ses œuvres sont jouées en public. Il enregistre un succès plus que satisfaisant pour un tout jeune créateur sans expérience véritable. Le Quatuor à cordes n° 1, op. 1, est présenté en 1900, l’année même de son achèvement. Dès 1900 Ludolf se produit en soliste avec son orchestre. L’avenir ne semble pas trop fermé pour Nielsen qui a la satisfaction de faire jouer à plusieurs reprises, en 1902, son poème symphonique Regnar Lodbrog. Ces réussites lui permettent d’être considéré comme un compositeur prometteur.

La composition de sa Symphonie n° 1 date des années 1902 et 1903. Il a 28 ans et n’a composé auparavant que deux œuvres orchestrales (I Ørkenen et Regnar Lodbrog) lorsqu’il se lance dans l’aventure. Les critiques de l’époque lui réservent un accueil globalement favorable appréciant particulièrement le beau second mouvement Andante mesto. Dans la symphonie suivante par contre il embrassera pleinement et systématiquement son utilisation. Les deux symphonies ne sont pas sans présenter de réelles parentés. La première charmante, dynamique et claire traduit bien son style orchestral premier.

Son poème symphonique en quatre mouvements, Depuis les montagnes (Fra Bjærnege), est élaboré entre 1903 et 1905, juste après l’achèvement de sa symphonie. Il y insère avec allant tout ce qu’il vient d’apprendre. Son travail débute pendant son séjour d’études à Leipzig et aboutit à une partition qui deviendra l’un de ses opus orchestraux les plus populaires. Nielsen illustre à sa façon diverses scènes concernant les Alpes. De sa partition il tire de remarquables effets, se montre parfois indépendant mais ne déborde pas l’esthétique de son temps.

Auréolé de ses récents succès Ludolf Nielsen reçoit une bourse d’études qui lui permet d’aller se perfectionner dans la fascinante ville de Leipzig, en Allemagne du Nord, en 1903 et 1904. Il contacte le fameux éditeur Breitkopf & Härtel qui accepte de publier ses deux premiers quatuors à cordes qu’il vient tout juste de composer. Stimulé par cette évolution favorable il se met à écrire avec assiduité et enthousiasme. Après son retour d’Allemagne il entreprend une carrière assez régulière de chef adjoint à la tête de l’Orchestre du Tivoli à partir de 1905. Cette fonction semble l’avoir accaparé pendant une ou deux années seulement.

Peu après son mariage célébré en 1907 Ludolf Nielsen décide de s’installer à la campagne, à Hellerup précisément, petite ville située à une dizaine de kilomètres au nord de Copenhague, à la recherche d’une existence plus paisible. Il remporte la très prestigieuse bourse Ancker qui lui permet de voyager avec sa femme en Allemagne, en Autriche et en Italie en 1907. Ses réalisations et sa renommée croissante amènent le gouvernement danois, un peu plus tard au cours de la même année, à lui attribuer, pour une durée de trois ans, une aide financière afin de faciliter son travail et sa création. Il ne se rend plus à l’étranger à partir de cette date.

Il élabore une Romance pour violon en 1908 et sa Symphonie n° 2 au cours des années 1907 à 1909. Nielsen en parlant d’elle la qualifie de «symphonie du bonheur». Elle connaît plusieurs exécutions. Ludolf Nielsen s’appuie sur la forme cyclique dont les racines se trouvent d’une part chez Franz Liszt, Berlioz et Bruckner, d’autre part chez César Franck (on songe à titre d’exemple typique à la fameuse Symphonie en ré mineur dont on suppose qu’il l’entendit très probablement au cours de ses voyages d’études. C’est dire si son œuvre repose logiquement sur le travail de motifs définis puis métamorphosés. Il semble avoir été le seul à employer ce procédé parmi les compositeurs danois de son temps.

Dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, Nielsen se consacre avec enthousiasme à la composition et constate avec satisfaction une véritable reconnaissance de son art sans pour autant accéder à un statut de maître incontesté. Dès avant l’éclosion de la guerre, il enregistre un recul de sa réputation et de ses succès. Des partitions considérables et majeures comme la Symphonie n° 3 et la composition chorale La Tour de Babel ne déclenchent guère de passion et retombent rapidement dans l’indifférence générale. Leur symbolisme et leur croyance dans la grandeur de l’humanité contrastent terriblement avec les douloureuses réalités de la vie européenne. Les critiques de Copenhague lui accordent un accueil plutôt sympathique soulignant les qualités de l’orchestration et son atmosphère détendue tout en regrettant une certaine sophistication de la thématique. Signalons aussi une très bonne critique dans le périodique allemand Die Musik.

Quant à la Romance pour violon et orchestre, dans la tradition nordique lyrique, elle mérite une place de choix aux côtés des romances de Johan Svendsen, Wilhelm Stenhammar, Fini Henriques, Otto Olsson, Wilhelm Peterson-Berger et Peter Erasmus Lange-Müller. Carl Nielsen n’a pas composé dans ce sens. Elle est l’ultime partition pour instrument soliste et orchestre de Ludolf Nielsen après sa Berceuse pour violon et sa Romance pour violoncelle et orchestre, toutes les deux de l’année 1905.

La Symphonie n° 3 en do majeur date des années 1911- 1913. Commencée en août 1911 et en grande partie terminée en janvier 1913, l’orchestration définitive intervient le 9 août 1913. Splendidement orchestrée pour une phalange fournie, elle exige aussi six cors et deux harpes. Ce fait explique en partie les difficultés rencontrées pour la faire jouer au Danemark. Ce handicap sera en partie levé par la réduction orchestrale, dans la durée et dans le nombre d’instruments, qu’opèrera bien plus tard son élève dévoué le brillant chef d’orchestre Launy Grøndahl, lui permettant de la diriger à trois reprises. Un enregistrement de 1999 respectueux de la partition initiale rend toute justice à cette musique quelque peu dévaluée par l’intervention de Grøndahl. On ne l’avait pas interprétée sous cette forme depuis 1923, soit bientôt trois quarts de siècle. Le compositeur inscrit en tête de sa partition la devise suivante empruntée à Viggo Stuckenberg : «Je vois le monde avec un parterre de fleurs/Connaître le bonheur exige une nuit orageuse».

La Symphonie n° 3 appartient indéniablement au meilleur de la production symphonique danoise de la sphère romantique et mériterait à juste titre une renommée autrement plus puissante et étendue.

La Tour de Babel pour voix solistes, chœur et orchestre, op. 35, résulte de grandes ambitions artistiques. Le compositeur développe certaines de ses pensées sur la vie. Le poème de Gyrithe Lemche insiste sur le fait que l’espèce humaine peut être essentiellement sauvée par le pouvoir de l’esprit, par l’élévation et la concordance avec les volontés de Dieu. Le refus de la spiritualité la conduirait à sa perte. C’est l’histoire de la Tour de Babel contenue dans la Bible qui sert de (libre) référence au texte. Il lui faudra environ deux années pour mener son entreprise à bien. Durant cette longue période de gestation il se rapproche de la pensée mystique et rejoint la franc-maçonnerie. Il règne dans l’air du temps une attirance pour la spiritualité (Scriabine en Russie), pour l’anthroposophie (son collègue danois Louis Glass), pour la théosophie (Rued Langgaard)… mais lorsque la guerre éclate ces croyances nobles s’effondrent brutalement – à cette date Nielsen était en train de mettre au propre sa vaste partition. La poétesse Gyrithe Lemche, une proche amie du compositeur, avait déjà écrit les textes pour plusieurs de ses chansons. Elle était loin d’être une inconnue au sein de la vie culturelle danoise, d’abord comme auteur de livres littéraires et historiques ensuite comme suffragette engagée.

Pour faire coïncider la musique et la position historique biblique de l’histoire, sans anachronisme dommageable, il utilise des modes archaïques, des accords rudes et simples, des rythmes réguliers, des traits archaïsants pouvant être rapportés aux temps anciens, des modulations étudiées. Le chœur opulent, fermement soutenu par les forces orchestrales, met en valeur un texte essentiel aux yeux du compositeur. Les trois dernières sections de cet opus sont particulièrement réussies puisque s’y côtoient la beauté des voix et le charme de l’orchestre qui prend plus d’indépendance vis-à-vis du texte.

La folie guerrière qui embrase l’Europe, le monde dit civilisé, lui cause un immense tourment à l’image de ce que ressentent de nombreux Danois dont Carl Nielsen en dépit du fait que le Danemark demeure en dehors de la barbarie. En réaction à ces bouleversements il ne compose plus pendant plusieurs années. Bouleversements concernant bien sûr les évènements politiques et sociaux de l’époque mais pas seulement puisque les goûts du public se modifient également amenant inévitablement à une dépréciation de ses dernières et meilleures créations musicales comme la Symphonie n° 3 et l’œuvre chorale La Tour de Babel. Les hautes valeurs morales viciées, le symbolisme refoulé, la croyance en l’humanité bien mise à mal par la guerre conduisent le compositeur déçu bien proche de l’idée de ferme rejet de toute démarche créatrice. Découragé et isolé Ludolf Nielsen se tait pendant plusieurs années gagnant sa vie comme pédagogue, enseignant la composition essentiellement à des élèves privés. Il s’implique dans le fonctionnement de la société de musique Euphrosyne de Copenhague entre 1914 et 1920 en dirigeant son orchestre symphonique amateur.

Une dépression nerveuse l’atteint, intense et durable. Lors de son retour créateur il adopte une esthétique plus introvertie et subit quelques influences supplémentaires venues de France et de Russie.

Avec le ballet Lackschmi, Ludolf Nielsen enregistre sans doute son plus grand succès. L’œuvre demeure inscrite au répertoire du Théâtre royal pendant trois saisons (1922-1924) et charme le public danois au cours de 23 représentations que l’on décrit comme splendides. Le public et la critique officielle ne cachent pas leur intérêt pour la partition.

Toutefois après 1924 on ne rejoue plus le ballet dans son intégralité.

A l’époque de la création de la Radio danoise en 1926 il est engagé comme le premier conseiller musical de l’institution, fonction qu’il exercera jusqu’en 1932. Il entre dans ses attributions de sélectionner les programmes. Cette position lui permet sans doute de proposer certaines de ses propres partitions et même de composer, une innovation alors, des musiques légères pour l’orchestre de la Radio afin d’illustrer des pièces radiophoniques.

Dans un autre registre, une sorte de fièvre créatrice très ciblée l’envahit : en un temps très court il compose une centaine de lieder. Il est un des fondateurs de Dansk Komponistforening (Société danoise des compositeurs) vers 1913. Il est aussi l’un des premiers compositeurs danois à écrire de la musique spécifiquement destinée aux retransmissions radiophoniques. La maladie vient le diminuer dans les dernières années de sa vie et marque l’arrêt de son travail de compositeur. Vers la fin de sa carrière il jouit d’une excellente réputation d’enseignant notamment dans le registre de la composition et de l’orchestration. Plus le temps passe, plus la gloire de Carl Nielsen gagne en ampleur, de manière inversement proportionnelle au déclin inéluctable du romantisme et du post-romantisme scandinaves.

Sa vie durant Ludolf Nielsen a affiché une réelle modestie, une vie sans éclat particulier et une relative réserve en accord pense-t-on avec son tempérament naturel. Cette discrétion quasi constitutive n’empêchait nullement son vif désir de se faire jouer, souhait ô combien légitime pour un compositeur. Pour autant il n’entrait pas dans ses objectifs de tout bousculer pour parvenir à ses fins. Il manifestait même une certaine résignation et un fatalisme marqué face à l’adversité, aux oppositions et aux échecs. Ce tempérament effacé rend compte pour partie de la raréfaction des exécutions de sa musique au cours des années 1920. Il aimait la vie à la campagne et le calme de la vie domestique sans apparat. Il appréciait la vie danoise et n’ambitionnait pas vraiment de se lancer sur la scène internationale. Conscient de la concurrence forcenée des autres créateurs compatriotes et du peu d’opportunités offertes par la vie culturelle à Copenhague, il acceptait de «renoncer aux rêves que l’on aurait pu avoir». Cette sagesse rare est exprimée vers 1914. Tout un faisceau de facteurs conduisirent donc à l’effacement de Ludolf Nielsen de la vie musicale danoise au cours des années 1920. Et pourtant de grands évènements musicaux s’y déroulaient mais surtout par le biais d’autres esthétiques. D’une part les tenants du post-romantisme accaparaient et entretenaient l’attention, d’autre part et en concurrence avec Carl Nielsen avec son catalogue sans cesse renouvelé et novateur, qui était depuis longtemps devenu le plus important compositeur de l’ensemble de la Scandinavie.

Confronté à l’irruption de la musique dite objective (Sachlichkeit) Ludolf Nielsen enregistre non sans désappointement le fossé stylistique qui le sépare à présent de ce que l’on invite les publics à découvrir et à réclamer. Les Symphonies n° 4 (1916) et n° 5 (1922) de Carl Nielsen occupaient le terrain tandis que de nouveaux et révolutionnaires compositeurs étrangers commençaient à investir le Danemark. On découvrait en 1924 des musiques de Stravinski présentées par le maître lui-même, de Bartók en 1924. D’autre part le courant néo-classique se faisait entendre par le biais de musiciens ayant séjourné en France et en Allemagne et encore par ce que l’on qualifie de musique utilitaire (Gebrauchsmusik). Le recul généralisé, voire la disparition de l’expression des sentiments et des traits romantiques traditionnels, contribuèrent encore à amoindrir la position de Ludolf Nielsen et des héritiers inconditionnels de Niels Gade et J. P. E. Hartmann parmi lesquels on peut placer, mais partiellement seulement, Rued Langgard.

De jeunes compositeurs en viennent à rejeter plus ou moins radicalement les musiques dominantes du pays, représentées, on s’en doute, par les héritiers directs du romantisme scandinave. Ces nouveaux venus ont pour nom Finn Høffning, Jørgen Bentzon, Knudåge Riisager… Ils allaient tous exercer une grande influence jusque vers la fin des années 1960.

Au milieu de ces bouleversements Ludolf Nielsen a parfaitement conscience que sa musique tout en étant d’une grande beauté et d’une sincérité absolue, va paraître démodée, surannée voire vieillotte. Il s’exprima en ce sens notamment après une exécution de sa Symphonie n° 2 en 1937 sous la direction de Launy Grøndahl.

Presque exact contemporain du symphoniste autrichien Franz Schmidt, il décède à Copenhague le 16 octobre 1939 à l’âge de 63 ans seulement. Il ne connaîtra pas les affres de la Seconde Guerre mondiale.

Lire l’étude : VIII : Ludolf Nielsen (1876-1939), le dernier des romantiques danois

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