Festivals, La Scène, Musique symphonique

Lugansky pianiste virtuose assurément !

Plus de détails

Toulouse. Halle aux Grains. 11-IX-2009. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour piano n°1 en si bémol mineur op. 23. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Nikolai Lugansky, piano ; Orchestre Symphonique de Barcelone et National de Catalogne. Direction : Eiji Oue

Piano aux Jacobins

En invitant un orchestre catalan, dirigé par son chef japonais, avec un soliste russe pour de la musique slave, Pianos aux Jacobins et l’orchestre National du Capitole nous promettaient de l’originalité. , pianiste international à la riche discographie ajoutait du lustre à la soirée. Les amateurs de piano n’ont pas été déçus avec cette version du Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski. Le piano a régné en despote tonitruant, magnifique, impitoyable. La perfection technique de Lugansky impressionne, son énergie aussi. Ses grandes mains balayent le clavier à toute vitesse sans la moindre fatigue apparente. L’orchestre tient sa partie comme simple faire valoir à ce superbe vainqueur. Les échanges entre le chef et le soliste sont réduits au minimum alors qu’aucun d’eux n’a de partition à suivre ! Voir un chef diriger par cœur et tout au long du programme impressionne certes, mais il manque bien des choses à cette exécution : pas de nuances, pas de recherche de couleurs, pas de phrasé ni d’un coté, ni de l’autre. Le pianiste fier de son jeux impérial se cantonne à la nuance forte, sa sonorité brillante est dure constamment. De son coté l’orchestre va de mezzo-forte à forte. Du coup on frôle la caricature du grand concerto romantique pour virtuose sans style ni particularité autre que la flamboyance de la virtuosité. À Toulouse du moins nous savons et récemment encore, avec un concerto pour violon magnifique, que Tchaïkovski peut sonner tout autrement ! Restant dans son rôle de virtuose impassible Nikolaï Lugansky offre en bis la troisième étude de Rachmaninov en une exécution techniquement parfaite mais sans réelle musicalité.

En deuxième partie de programme la Symphonie n°2 de Rachmaninov demande à l’orchestre de s’étoffer. L’impression première se confirme, aucune particularité ne stimule l’intérêt. Le son est épais et compact, les nuances minimales et les pupitres ne se distinguent pas dans les moments où ils doivent apporter des couleurs. Les phrasés aux cordes sont secs, manquent d’ampleur et de générosité (s’agit-il d’une musique russe ?). Seule la richesse harmonique est mise en valeur avec un effet de lassitude assommant.

La gestique du chef est extrêmement démonstrative allant jusqu’au saut. Pourtant ces gestes extravagants obtiennent si peu d’effets audibles ! Ce soir pas plus que Tchaïkovski, Rachmaninov ne sonne comme un compositeur russe !

Ce concert laisse une impression étrange comme si nous étions passés à coté de quelque chose… la musique peut être….

Crédit photographique : photo © DR

Plus de détails

Toulouse. Halle aux Grains. 11-IX-2009. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour piano n°1 en si bémol mineur op. 23. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Nikolai Lugansky, piano ; Orchestre Symphonique de Barcelone et National de Catalogne. Direction : Eiji Oue

Mots-clefs de cet article

Resmusica-bannière-01

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.