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Marek Janowski, superbe brucknérien

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°6 en la majeur. Orchestre de la Suisse Romande. Direction : Marek Janowski. 1 CD Pentatone PTC 5186 354. Code barre : 8 27949 03546 3. Enregistré au Victoria Hall de Genève en janvier 2009. Livret de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 58’35’’

 

Poursuivant son ambitieux programme discographique de l’intégrale des symphonies de Bruckner, après l’enregistrement de la magistrale Symphonie n°9 en ré mineur sortie l’an dernier, l’ sous la baguette de son directeur musical propose une fort belle version de la Symphonie n°6 d’. Aussi rarement au catalogue discographique qu’à celui des concerts, cette symphonie révèle pourtant des pages musicales d’un très grand romantisme.

Alors que la majeure partie des symphonies de Bruckner ont subi maintes révisions, celle-ci, parce qu’elle le satisfaisait pleinement, a échappé aux ciseaux et ratures du compositeur. Composée dans une période particulièrement créative, cette symphonie se distingue par la variété des thèmes qui la compose. Se révélant un magnifique brucknérien, c’est dans un climat expansif que porte son orchestre aux confins d’une beauté musicale extrême. Sans s’épancher dans un pathos larmoyant, il joue de son ensemble sans jamais oublier la valorisation des pupitres tout en gardant un parfait équilibre des timbres. L’ampleur des cordes de la fin du premier mouvement annonce déjà l’envoûtant Adagio qui laisse l’auditeur au bord de la mélancolie. Des cordes bien huilées, des violoncelles superbes et des contrebasses à la présence majestueuse nous transporte dans des éthers merveilleux dont on a peine à s’échapper. Une plénitude musicale bienveillante que le Scherzo rompt bientôt. L’occasion pour les cuivres et les bois de prendre l’ascendant. Une domination qu’ils conserveront jusqu’au terme du Finale qui reprend la thématique du premier mouvement. Là encore, malgré l’intrusion sensible des cuivres, Marek Janowski conserve l’équilibre de son ensemble afin que l’unité de l’œuvre soit au mieux conservée.

Depuis que Marek Janowski a repris les rênes de l’ en 2005, les progrès de l’orchestre genevois sont manifestes. Dans cet enregistrement, on ressent un plaisir à la musique que cet ensemble n’avait plus connu depuis de nombreuses années. Avec une poigne indéniable, (une main de fer dans un gant de velours) le chef allemand a réussi à redonner l’envie à ses musiciens. Une envie qui a été possible qu’après un travail intense de discipline musicale qui aujourd’hui porte ses fruits. Par le passé, les concerts de l’orchestre sous les baguettes des chefs invités restaient dans une moyenne honnête sans qu’on puisse savoir qui de l’orchestre ou du chef était responsable de cette musique souvent approximative chargée de grisaille. Aujourd’hui, l’orchestre sait jouer «juste», et le spectateur peut alors reconnaître les véritables qualités des chefs. Et c’est tant mieux pour la Musique !

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