La Juive de Halévy selon Pierre Audi

La Scène, Opéra, Opéras

Amsterdam. Het Muziektheater. 20-IX-2009. Jacques-Fromental Halévy (1799-1862) : La Juive, opéra en 5 actes sur un livret d’Eugène Scribe. Mise en scène : Pierre Audi ; décors : George Tsypin ; Costumes : Dagmar Niefind ; Lumière : Jean Kalman ; Chorégraphie : Amir Hosseinpour. Avec : Ángeles Blancas Gulin, Rachel ; Dennis O’Neill, Eléazar ; John Osborn ; Léopold ; Annick Massis : la Princesse Eudoxie ; Alastair Miles, le Cardinal Jean-François de Brogni ; André Heybœr, Ruggiero ; Edwin Crossley-Mercer, Albert ; Martijn Cornet, le Crieur ; Bert Visser, un Officier de l’Empereur ; Peter Arink et Harry Teeuwen, Deux hommes du peuple. Koor van De Nederlandse Opera, (chef de chœur : Martin Wright) ; Nederlands Philharmonisch Orkest, direction : Carlo Rizzi

Après Paris en 2007, c’est au tour de Nederlandse Opera d’Amsterdam d’accueillir la production de La Juive de réglée par . L’opéra amstellodamois met les petits plats dans les grands et ouvre sa saison avec ce spectacle. On ne peut que se réjouir du retour en grâce de ce chef d’œuvre de l’opéra du XIXe siècle avec quelques belles nouvelles productions à travers l’Europe. Il faut tout de même regretter la méchante cure d’amaigrissement de la pièce avec une élimination méthodique de tous ses aspects «Grand opéra» : ballets et scènes de chœurs sont passés, sans vergogne, à la trappe. Il n’empêche la force de l’œuvre et la beauté de ses mélodies font toujours mouche !

Cette production repose sur une scénographie parfaite et forte de . Stakhanoviste des mises en scène, le très actif directeur de l’Opéra d’Amsterdam atteint ici un rare degré d’émotion et de perfection. Les décors métalliques et industriels de George Tsypin renforcent l’impression d’oppression sociale et d’écrasement des différences dans un monde mécanique et froid. La scène du bûcher qui voit l’imposant plateau du théâtre rester nu après le retrait de cette cage d’acier, afin de laisser place au bûcher atteint une rare force dramatique. Audi dirige ses acteurs avec force et passion ; la caractérisation des personnages laisse percer les émotions des personnages les plus froids.

Chef lyrique d’une compétence à toute épreuve, le grand tend le discours et fait briller un Nederlands Philharmonisch Orkest qui prend les plus belles couleurs. Sa direction sait cerner la particularité de la partition et la replacer dans les différents courants stylistiques qu’elle cite tout en insistant sur les intuitions géniales du compositeur. Quant à l’orchestre, il témoigne encore de l’incroyable niveau des formations orchestrales néerlandaises en faisant preuve d’une intonation et d’une précision parfaites.

Essentiellement non-francophone, la distribution mérite des éloges et des félicitations pour son travail sur la diction et la prononciation qui reste, à tous moments, intelligible ! Tous méritent une ovation prolongée de Denis O’Neill au toujours excellent en passant par qui se joue des difficultés de son rôle.

Crédit photographique : (Rachel) ; (Eléazar), (Rachel), (Brogni) (c) Ruth Walz

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