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Klaus Badelt, un Américain à Paris…

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Klaus Badelt : Le Petit Nicolas. 1 CD Universal réf. 5322114. Durée : 40’23’’.

 

«Nicolas mène une existence paisible. Il a des parents qui l’aiment, une bande de chouettes copains avec lesquels il s’amuse bien, et il n’a pas du tout envie que cela change… Mais un jour, Nicolas surprend une conversation entre ses parents qui lui laisse penser que sa mère est enceinte. Il panique alors et imagine le pire : bientôt un petit frère sera là, qui prendra tellement de place que ses parents ne s’occuperont plus de lui, et qu’ils finiront même par l’abandonner dans la forêt comme le Petit Poucet…»

 

On en avait rêvé, il l’a fait : Laurent Tirard (Molière), avec la complicité de Grégoire Vigneron, transpose enfin au cinéma les histoires du Petit Nicolas, le héros créé par Sempé et Goscinny et dont les aventures drolatiques ont été publiées pour la première fois il y a tout juste cinquante ans. Adaptation ratée pour les uns, franche réussite pour les autres, Le Petit Nicolas divise déjà le grand public et la critique avant même sa sortie le 30 septembre.

Au générique, on trouve à la musique le compositeur le plus improbable qui soit : Klaus Badelt (Pirates des Caraïbes), qui signe là son deuxième film français après avoir illustré le thriller de Fred Cavayé, Pour Elle. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’esprits chagrins pour déplorer ce choix a priori. Et force est de constater que d’ores et déjà, cette musique ne fait pas l’unanimité non plus !

Pourtant, vous n’entendrez quasiment rien du style pesant qui a fait la réputation de l’écurie Zimmer dans cette partition si ce n’est quelques fragments de-ci de-là. Klaus Badelt nous livre plutôt un cocktail détonnant et habile, un panachage de ritournelles électro humoristiques qu’on entend dans des séries américaines comme Ugly Betty, de jazz manouche, d’orchestrations dignes de Danny Elfman et de sonorités légères et aériennes originaires d’époques lointaines (le vibraphone, la mandoline, les balais jazz, les effets de souffle de la flûte traversière…). Une sorte de patchwork français en toc (l’accordéon est omniprésent) qui réussirait presque à nous faire croire qu’on est dans un film de Jacques Tati (dans Monsieur Mouchebourne par exemple). Des éléments épars mettent un peu de sel à ce curieux mélange : des mélodies sifflotées très présentes, des chœurs d’enfants (Un Jeu Drôlement Compliqué), des guitares du far west (Gangster-à-Louer) et quelques envolées orchestrales généreuses (Marie-Edwige, Potion Magique)…

La partition, bien écrite, légère et enjouée, est comme un plaisir coupable, une rafraîchissante friandise : on sait qu’elle n’a rien d’une œuvre majeure de la musique de film, mais elle remplit très bien son office : après tout, en ces temps de crise, tout est bon pour garder le sourire…

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Klaus Badelt : Le Petit Nicolas. 1 CD Universal réf. 5322114. Durée : 40’23’’.

 
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