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Stephen Kovacevich aux Jacobins, juste du piano…

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Toulouse, Cloître des Jacobins. 25-IX-2009. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Partita N° 4 en do majeur BWV 828 ; Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Variations Diabelli op. 120. Stephen Kovacevich, piano

Piano aux Jacobins

Certes, un pianiste virtuose et célèbre, mais qui ce soir n’a pas su dispenser le message des compositeurs, ni offrir au public des interprétations convaincantes, jouant comme pour lui-même, allant parfois jusqu’à s’oublier à chanter fort et faux. Le programme devait comporter la Sonate D 959 de Schubert. Des œuvres de Bach et Schumann l’ont remplacé. Pourquoi ? Car si Bach a permis le seul moment d’émotion dans l’Allemande de la Partita 4, jouée avec délicatesse et avec une reprise pianissimo magique, il a été interprété avec d’étranges libertés et des choix discutables. La construction d’ensemble était précaire et bien souvent la lisibilité des lignes était fantomatique. Trop systématiquement la main gauche sonnait lointaine et floue.

Dès les premières mesures des Scènes d’enfant de Schumann, un rythme étrangement précieux mettait mal à l’aise et introduisait une lecture presque exotique de ces superbes pièces. Prenant au mot Schumann qui disait y mettre un regard éloigné sur l’enfance, a constamment joué dans un flou lointain et des nuances limitées au mezzoforte qui nuisaient à la compréhension du message schumannien en sa complexité et sa variété. Ce peu de nuances et des accentuations incompréhensibles nous rendant hélas Schumann parfaitement étranger. En deuxième partie, les Variations Diabelli qui passent pour un sommet d’invention, ont été brillantes et bien articulées, avec le retour de nuances marquées. À force d’effets de virtuosité constamment mis en valeur un grand ennui s’est imposé. Ce concert a laissé un sentiment étrange à plus d’un se demandant pourquoi il était devenu si exigeant et difficile. Peut-être parce que d’autres concerts dans ce lieu parfait, en cette saison splendide, avaient offerts la magie de la musique partagée avec des musiciens passeurs et que s’en priver ainsi est bien triste.

Espérons qu’il s’agissait d’un soir de méforme pour un pianiste à la réputation prestigieuse, mais qui en tout cas n’a pas séduit le public exigeant de Piano aux Jacobins ce soir.

Crédit photographique : © Jilian Edelstein

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Toulouse, Cloître des Jacobins. 25-IX-2009. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Partita N° 4 en do majeur BWV 828 ; Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Variations Diabelli op. 120. Stephen Kovacevich, piano

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