Banniere-ClefsResmu-ok

Les débuts de Dudamel à Bruxelles

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des BeauxArts. 25-IX-2009. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°1 en ut, Op. 21 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Rückerlieder ; Carl Nielsen (1865-1931) : symphonie n°4, Op. 29 “l’inextinguible”. Anna Larsson, contralto ; Orchestre Symphonique de Göteborg, direction : Gustavo Dudamel.

Göteborgs Symfoniker

A peine passé l’ouragan des concerts du début de la saison bruxelloise, le public était encore convié à une affiche de grand luxe : les débuts locaux de à la tête de l’orchestre de Göteborg dont il est encore le directeur musical. C’était donc un moment très attendu à la veille de ses débuts officiels comme directeur musical du Los Angeles Philharmonic !

Dans la symphonie n°1 de Beethoven, Dudamel surprend, étonne et déçoit ! Son Beethoven ressemble plus à un Beethoven de papy qu’à un Beethoven contemporain et les oreilles habituées aux tornades déclenchées par des chefs comme Paavo Järvi s’avèrent plutôt décontenancées. Certes, la forme reste maîtrisée avec de belles mises en avant de phrasés et d’interventions des vents mais on a l’impression d’entendre un moteur diesel en mode pilote automatique. Le chef, à la technique spectaculaire (un peu comme Vladimir Jurowski !), aime se regarder diriger et emporte, naturellement l’adhésion du public. Des Rückerlieder, on retient la performance, toute en sobriété, d’ qui reste une valeur sûre dans les opus mahlériens. Mais, l’artiste doit suivre un accompagnement rapide et neutre du chef impatient de sa lancer dans la seconde partie du concert consacrée à l’extraordinaire symphonie n°4 de Nielsen.

Tellurique et explosive, cette pièce trouve en Dudamel un interprète de choix. L’Orchestre de Göteborg qui connaît cette musique comme sa poche, se plait à briller de mille feux sous une battue incendiaire qui fait exploser le final dans un tempo échevelé. Cela étant, Dudamel, malgré son efficacité se plait encore à se regarder diriger façon «chef inspiré pris par la musique» en ralentissant ou accélérant certains passages pour mettre en avant sa technique et la virtuosité de ses musiciens. Le public qui aime les chefs qui bougent, est ravi et acclame le jeune homme qui remercie l’auditoire par deux bis.

Incontestablement Dudamel est un chef d’exception au regard de son fort jeune âge. Sa technique et son charisme dépassent l’ordinaire, mais on espère qu’il ne sera pas atteint par le syndrome des chefs qui grandissent trop vite…Car entre un Nielsen impulsif et un Beethoven «veille école», on admire sans être totalement convaincu un musicien qui a déjà le monde musical à ses pieds !

Crédit photographique : © DR

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.