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Mariss Jansons, le roi des rois !

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 10-X-2009. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op. 61 ; Poitr Ilitch Tchaïkovski : symphonie n°5 en mi mineur, Op. 64. Midori, violon ; Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Mariss Jansons.

Le « meilleur chef du monde », tel qu’il est reconnu par les plus éminents de ses confrères, se présentait au Théâtre des Champs-Élysées avec son autre orchestre (avec le Concertgebouw d’Amsterdam) : la phalange de la Radio bavaroise dont il est le directeur musical depuis 2003.

Moins médiatisée dans les pays francophones que d’autres orchestres allemands, la formation radio-symphonique munichoise reste un orchestre d’élite et d’exception : une machine à jouer qui allie la beauté du son à la précision des pupitres.

Très rare en France, la violoniste japonaise surprend dans un concerto de Beethoven marqué par une lenteur incroyable des tempi. Soliste et chef évoluent constamment aux limites du décrochage avec un travail sur les nuances qui nuit à la logique et la progression du discours. Ce Beethoven apaisé et serein n’est peut être pas un non-sens, s’avère original mais s’affirme à rebrousse poil des optiques interprétatives contemporaines qui secouent beaucoup plus la partition. De son côté semble un peu égaré par cette approche et accorde une importance variable à certains phrasés et interventions des solistes de la petite harmonie. Dès lors, difficile de trancher sur cette approche délicate, intellectuelle mais aussi froide et dénervée. On accorde le bénéfice du doute à que l’on espère entendre dans d’autres répertoires.

Mais, tout le public, était venu pour la seconde partie : la symphonie n°5 de Tchaïkovski dont le chef est un champion depuis son enregistrement fondamental chez Chandos. Dès les premières notes, Jansons impose une lecture énergique et jubilatoire de cette partition. Plus raffiné que Gergiev (autre champion de l’œuvre), le chef letton impose une tension et déploie les dynamiques dans une interprétation stylistiquement parfaite de bout en bout. Difficile à unifier avec ses différents climats, la symphonie n°5 a rarement semblée aussi logique sous une battue qui fait ressortir les moindres détails tout en gardant le contrôle dramatique du discours. L’orchestre, concentré et appliqué, s’engage avec passion et précision.

La radio bavaroise vient de lancer, sous la houlette de , son propre label : BR Klassik, on espère donc retrouver, en disque, cette interprétation magistrale.

Crédit photographique : Midori © DR

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 10-X-2009. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op. 61 ; Poitr Ilitch Tchaïkovski : symphonie n°5 en mi mineur, Op. 64. Midori, violon ; Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Mariss Jansons.

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