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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 8-X-2010. Guo Wenjing (né en 1956) : Beauty of China pour Qingyi, Bangqiang, Luogu et orchestre, Op. 49 ; Chen Qigang (né en 1951) : Reflet d’un temps disparu pour violoncelle et orchestre. Shen Tiemei, chant ; Wang Jian, violoncelle ; Orchestre symphonique de Canton, direction : Yu Long

Europalia

Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueillait le concert inaugural du festival Europalia 2009 consacré à la Chine. L’événement est d’importance car jamais la Chine n’a autant investit dans une manifestation culturelle européenne. Voilà encore un message clair ! Même en matière de culture la Chine va vous en mettre plein les yeux et les oreilles ! D’ici le nouvel an chinois 2010, des dizaines d’évènements, des expositions aux représentations de théâtre, de danse mais aussi des rétrospectives de films vont jalonner l’entière Belgique. Mais, comme toujours, l’ouverture d’Europalia est musicale avec la venue de l’orchestre de Guangzhou et de son chef .

Pour ce concert, introduit par les inévitables (et longs !) discours officiels, l’équipe artistique avait décidé de mettre en avant la Chine créatrice contemporaine avec deux compositeurs incontournables de la scène locale : et . C’est à «Beauty of China» de , le professeur de composition du conservatoire de Pekin que revient l’honneur d’ouvrir le concert. Composée en 2009, cette partition mêle l’orchestre symphonique et la tradition de l’opéra chinois : les instrumentistes de la phalange accueillent une soliste et des musiciens de la troupe de l’opéra du Sichuan. La volonté de l’auteur est de «faire connaître au public cet opéra chinois traditionnel» ; quant au sujet, très consensuel, il évoque, en deux parties, deux figures féminines des dynasties Han et Tang considérées comme «les plus belles ayant vécu en Chine». Le résultat laisse un sentiment mitigé : les passages confiés aux artistes traditionnels sonnent bien mais les parties orchestrales restent souvent faciles avec quelques poncifs comme cette musique martiale centrale qui résonne martialement comme du Prokofiev.

Sans transition et sans pause, l’orchestre retrouve le violoncelliste pour le concerto «Reflet d’un temps disparu» de . Connu en France où il fut le dernier élève de Messiaen, le compositeur est devenu un artiste chinois incontournable. Il fut même le directeur musical de la cérémonie des Jeux Olympiques de Pekin 2008. Cette courte présentation résume au fond l’évolution de l’art de Chen : il est passé d’une certaine forme originale du modernisme synthèse des traditions d’Europe et d’Asie à un art accessible fusion de la musique de film américaine à grand spectacle et d’un certain cachet pittoresque dans les mélodies. Mais l’artiste est un orchestrateur hors pair et parvient à faire fonctionner la machine orchestrale avec une totale flexibilité stylistique… La partition débute par une évocation de la Chine mythique avec des réminiscences d’un Debussy pour vite évoluer vers une musique narrative très hollywoodienne qui n’évite pas la multiplication des images les plus faciles. Le public, ravi, est remercié par un bis façon sucrerie grasse, sirupeuse et dégoulinante que l’on préfère oublier.

En dépit de ces réserves, la soirée était intéressante et portée par le niveau, très impressionnant, de l’orchestre de Guangzhou et de son chef . La maîtrise technique et l’homogénéité de l’orchestre forcent l’admiration. Souvent «maillon faible» des orchestres asiatiques, les cuivres sont ici d’une précision redoutable.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 8-X-2010. Guo Wenjing (né en 1956) : Beauty of China pour Qingyi, Bangqiang, Luogu et orchestre, Op. 49 ; Chen Qigang (né en 1951) : Reflet d’un temps disparu pour violoncelle et orchestre. Shen Tiemei, chant ; Wang Jian, violoncelle ; Orchestre symphonique de Canton, direction : Yu Long

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