Du Brahms engagé par les Capuçon

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Salle Pleyel. 17-X-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Trios pour piano et cordes n° 2 en ut majeur op. 87 ; n° 3 en ut mineur op. 101 ; n° 1 en si majeur op. 8. Renaud Capuçon, violon ; Gautier Capuçon, violoncelle ; Nicholas Angelich, piano

Un an, jour pour jour, après leur grand succès à la Salle Pleyel, les frères Capuçon et ses amis récidivent pour une grande aventure dans la musique de chambre de Brahms. Au programme cette année : trois Trios pour piano et cordes (op. 87, 101 et 8), et les quatre Quintettes (à cordes op. 88 et op. 111, avec clarinette op. 115 et avec piano op. 34), répartis en trois concerts.

Le premier concert a été consacré aux Trios pour piano et cordes. Les frères Capuçon et forment actuellement l’un des meilleurs trios au monde de la jeune génération. Sans trahir notre attente, les trois musiciens se montrent très engagés dès les premières notes et exploitent leur univers brahmsien à fond. Ainsi les accords et unissons denses, si typiques du compositeur de Hambourg, sont intensément mis en relief dans la pleine sonorité des cordes et la puissante résonance du clavier, non sans violence (mouvement initial de chaque Trio). Le caractère mystérieux des Scherzos (op. 8 et 87) ou du Presto (op. 101) fait quant à lui frémir nos oreilles. Dans le troisième mouvement de l’opus 87 en particulier, le bruissement du début est interprété d’une manière si imagée et imaginative que l’on croirait entendre un buisson touffu foisonner par une nuit sombre sous le faible et lugubre rayon de la lune ! Pour ce qui concerne les mouvements lents, si le thème de l’opus 87 est joué avec un grand pathétisme, certaines variations qui le suivent sont exécutées avec une rare beauté.

L’émotion la plus intense sera au rendez-vous dans la deuxième partie du concert, avec l’opus 8. Du magnifique dialogue des trois instruments dans la gracieuse mélodie au début du premier mouvement jusqu’à l’allégresse générale du finale, en passant par un Scherzo à la manière de Mendelssohn et un Adagio riche et serein, l’interprétation donne à cette œuvre une telle maturité qu’on oublie qu’il s’agit d’une œuvre de jeunesse. A l’extrême fin, les auditeurs entrent en quasi-communion avec les musiciens et la musique qu’ils jouent, et toute la salle retient son souffle jusqu’à la dernière note.

Le concert se résume ainsi en ces quelques mots : une belle expérience de «transe» musicale.

Crédit photographique : © Alix Laveau – Virgin Classics 2003

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