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Toulouse. Cathédrale Saint Etienne. 15-X-2009. Heinrich Schütz (1585-1672) : Attendite Popule meus SWV 270  ; Venite ad me SWV 261  ; In venerunt me SWV 273 ; Anima mea liquefacta est SWV 263  ; Adjuro vos, Filiae Jerusalem SWV 264  ; Erbam dich mein BWV 447  ; Venite dilecte mi BWV 274  ; Fili mi Absalon BWV 269  ; Meine seele erhebet den Herren SWV 344  ; Die Sieben Worte Jesu am Kreuz SWV 478  ; Anne Magouët, soprano ; Marc Pontus, alto ; Bruno Boterf, ténor ; Renaud Delaigue, basse. Ensemble Les Sacqueboutiers. Direction et sacqueboute : Jean-Pierre Canihac.

Toulouse Les Orgues 2009

Il est peu de genre musical qui mérite aussi bien son nom que la musique sacrée de Schütz. Kleine Geistliche konzerte, petits concerts spirituels, il s’agit d’un baume pour l’âme et le cœur. L’histoire était «sombrissime» alors : pestes, famines, guerre de trente ans ravageaient les campagnes et les villes…. La mort partout frappait durement. La misère sous toutes ses formes n’épargnait personne. Heinruch Schütz compose sa musique avec trois fois rien et offre souvent des œuvres quasi miraculeuses. Cette simplicité a été ce soir partout présente et le résultat est heureux. Les quatre cornets, les deux sacqueboutes, le théorbe, l’orgue, le clavecin et la basse de viole ont dialogué à égalité avec les voix qui portaient le texte en une parfaite lisibilité. L’écoute mutuelle, la fabrication du son et des nuances ensemble dans une grande variété de couleurs, ont donné à ses superbes pages, à la fois très différentes et toutes semblables dans leur esprit, toute leur force morale et esthétique. Chaque chanteur apporte sa couleur et joue la carte de la musique collective même dans les airs solistes.

Le programme a été très bien construit par avec des choix judicieux dans cette littérature si vaste. La deuxième partie du programme, plus théâtralisée, a débuté par une imploration bouleversante de qui a nuancé et phrasé de manière troublante son cri Absalon avec sa très belle voix de basse profonde, nous gratifiant de nuances profondément creusées. La dernière pièce, les sept paroles du Christ sur la Croix, est le joyau du concert. Annonçant les superbes passions à venir on peut remarquer la richesse d’invention de Schütz avec des moyens si modestes. Tout est suggéré en un théâtre intime très émouvant. Le travail d’équipe alliant voix et instruments en une fraternité aimante a porté tous les messages d’œuvres qui gardent à travers le temps et l’espace une force rare, celle de faire croire en la possible harmonie, fugace certes mais possible.

Crédit photographique : photo ©

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Toulouse. Cathédrale Saint Etienne. 15-X-2009. Heinrich Schütz (1585-1672) : Attendite Popule meus SWV 270  ; Venite ad me SWV 261  ; In venerunt me SWV 273 ; Anima mea liquefacta est SWV 263  ; Adjuro vos, Filiae Jerusalem SWV 264  ; Erbam dich mein BWV 447  ; Venite dilecte mi BWV 274  ; Fili mi Absalon BWV 269  ; Meine seele erhebet den Herren SWV 344  ; Die Sieben Worte Jesu am Kreuz SWV 478  ; Anne Magouët, soprano ; Marc Pontus, alto ; Bruno Boterf, ténor ; Renaud Delaigue, basse. Ensemble Les Sacqueboutiers. Direction et sacqueboute : Jean-Pierre Canihac.

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